Vieillir#5 Ne pas s’oublier

Vous l’attendiez j’espère, ce nouvel article… Je voulais vous remercier pour votre engouement pour cette nouvelle rubrique plus personnelle. Je n’étais pas convaincue que vous seriez au rendez vous et pourtant j’avais très envie d’écrire sur ce genre de sujet, donc merci pour votre soutien et vos mots toujours incroyablement inspirants.

Aujourd’hui j’ai envie d’aborder un sujet assez difficile, puisqu’il parle de nous, de la place que nous nous octroyons, de la valeur que nous nous donnons. Je suis toujours épatée de voir avec quelle facilité j’arrive à être dans l’oubli complet de moi même. Moi qui m’étais pourtant promis de ne pas tomber dans ce travers. En réalité, au milieu d’une vie bien remplie, je crois que c’est un peu une stratégie de survie, en passant les besoins et les désirs d’une personne à la trappe, on gagne forcement du temps et de l’énergie, c’est mathématique. Pourtant je suis profondément convaincue que c’est un mauvais calcul.

Nos besoins n’ont pas moins de valeurs que ceux de notre partenaire ou de nos enfants. Nos enfants à qui nous apprenons à écouter leur cœur, à croire en leur rêves, à exprimer leur émotions… Des leçons que nous n’appliquons pas nous même. On nous martèle avec la tolérance, la bienveillante, l’écoute, le respect… tout un tas de jolies valeurs que nous ne savons appliquer que pour les autres. Je trouve cela triste et puis c’est un mauvais exemple pour nos enfants. Il y a une part de responsabilité qui est très sociétal, puisque dans nos cultures ce n’est pas très valorisé d’être égoïste, ce n’est pas bien vu de se trouver beau ou même d’être fier de soi. On s’oblige à cette fausse modestie même quand on est sur de soi, et puis cet humble retrait devient notre automatisme.

Lorsque j’observe Loni qui est capable de se regarder dans le miroir et de s’applaudir pendant de longues minutes, je suis obligée de constater que nous, adultes nous sommes tous assez loin de cet émerveillement de nous même. Et d’ailleurs pas besoin d’être adulte, à 8 ans ça peut déjà être le cas.

Mon soucis à moi, mais je pense que c’est assez général, c’est que lorsque je m’oublie trop longtemps, je deviens irritable, ou même triste. Et lorsque j’ai envie de m’écouter, de me consacrer du temps parfois je me heurte à un vide assez angoissant, comme si je n’arrivais plus à définir ce qui me fait du bien, ce dont j’ai besoin. Pour pallier à ça, j’essaye de m’obliger à revenir en moi régulièrement, grâce au yoga, ou à une forme de pleine conscience, je me crée des instants d’ici et maintenant où je ne pense plus, où juste je suis reconnectée à mon corps, à moi. Et puis ce qui marche assez bien aussi, c’est de se donner des rendez vous pour soi. Parfois dans mon agenda, je note « sieste », ou « rien », ou « se coucher tôt », je note aussi les activités que je repousse et qui pourtant me font énormément de bien comme « faire l’album photo », « écrire pour le blog »… Cela ne marche pas toujours mais plus souvent que si je ne notais rien, c’est autant de rappels à s’occuper de moi.

Je serais très curieuse de savoir comment vous vous sentez, si vous avez l’impression d’être constamment la dernière personne à qui s’intéresser.. Ou si vous avez des astuces pour prendre du temps pour vous et donc ne plus vous oublier.

PS: Je rentre d’un week-end entre copines et ça me regonfle à bloc pour les semaines à venir. S’accorder ce genre de moment est un luxe vital, c’est une façon de prendre du temps pour moi et surtout de ne pas m’oublier. Merci à ma Carole pour ces photos, qui fête ses 35 ans aujourd’hui!

25 réflexions au sujet de « Vieillir#5 Ne pas s’oublier »

  1. Coucou, ahhhh oui ça je sais faire. Faire passer les autres avant moi, c’est ce qu’on nous a inculqué. Mais qqfois je sens que je dois dire stop et m’isoler pour mieux me recentrer. Pour l’instant mon seul moment à moi, c’est le samedi matin. Avec 2 copines, on met nos baskets et on marche papote. On a tellement perdu le rythme qui était qd même soutenu au départ, que ça devient de la promenade. Mais on s’en fout !!! On refait le monde. Merci de nous rappeler à quel point c’est important de s’occuper de soi. 😘😘

  2. Oui effectivement je m’oublie totalement, avec trois garçons de 6-4 et 2 ans, donc pas vraiment autonomes, un travail avec des horaires de Bureau départ de la maison à 7h retour vers 18h, les mercredis avec les trois et la gestion des tâches quotidiennes c’est un véritable casse tête pour trouver du temps pour soi surtout qu’en ce moment le 4 ans fais la java jusqu’à 22h!
    Il y a aussi cette charge que l’on a qui nous pèse et lorsqu’on reporte qq chose on sait que se sera pire le lendemain donc tant que l’on a la possibilité de faire qq chose on le fait et l’on s’epuise.
    Je fais aussi du yoga je me force à y aller pour avoir mon temps à moi mais arriver le temps de la relaxation tout se bouscule dans ma tête et le bénéfice de la séance est diminué. Je suis qqun de secondaire (merci ma sage femme pour m’avoir parler de la Caracterologie) et je pense a l’apres j’ai besoin de prevoir sinon je suis décontenancée et c’est fatiquant. Mon ainé est comme ça et grrrr on va faire une activité qui lui plaît et il pense déjà s’il va faire qq chose après d’interessant on a l’impression qu’il n’est jms satisfait.

    1. moi c’est le contraire, j’ai du mal à décrocher au début de la séance de yoga et puis au fur à mesure ça va mieux et pour la relaxation je suis complètement connectée à moi et le bénéfice est juste immense.
      Je vais aller m’informer sur la caracterologie

  3. Comme j’ai pris plaisir à lire ton billet!
    En effet, dans notre société, on a tendance à juger ces comportements qu’on juge « égoïstes ». Pour ma part, j’ai du mal à « ne pas m’oublier » mais je regarde beaucoup de vidéos / lis des articles motivants à ce sujet. Et ce que j’aurai à dire ici c’est : personne ne t’aimera jamais que toi-même et le but de la vie c’est bien d’être heureux et de se faire du bien à soi avant tout. Et en rayonnant ainsi, on peut rayonner et donner le meilleur aux autres.
    Alors même si c’est pas évident, j’essaie de plus en plus de ne pas m’oublier…

    1. oui c’est mal vu d’être égoïste, pourtant c’est vital de se prendre en compte et même de s’accorder valeur et importance!!

  4. C’est très vrai ce que tu dis. On doit toutes être pareil alors ! La personne la plus importante devrait pourtant être nous-même. Si on ne va pas bien, les enfants n’iront pas bien non plus… Ce qui me fait du bien c’est ne rien faire. M’asseoir avec une tasse de thé et rêvasser. Mon corps et mon esprit ont besoin de ça. Sinon jardiner, faire du yoga, jouer du violon, tout ça, ça me vide la tête et me reconnecte à moi-même. Merci pour cette réflexion !

  5. Oooooh merci pour ce petit clin d’œil de fin d’article ma Deb ! Un sujet bien vrai et des réponses bien pertinente 🙂 Je rajouterai juste que quand on a la chance d’avoir des amies de toujours, qui systématiquement nous rappelle qu’on aura 15 ans à chaque fois qu’on se retrouve….et bien ça donne envie de continuer à vieillir ! …je le sais…je vieillis aujourd’hui 🙂

  6. Encore les mots justes !! je suis bien d’accord avec toi, ne pas s’oublier quand on a une petite famille à gérer c’est bien souvent difficile. Il y a tellement de choses à gérer, de demandes, de besoins que les nôtres passent après voire pas du tout !!Mais comme toi je me rends compte à quel point m’oublier finit par retentir sur toute la famille, je suis moins agréable, j’ai moins de patience je me sens mal…
    Mes enfants grandissent et je n’ai pas repris le boulot pour l’instant, j’arrive depuis cette année à trouver vraiment du temps pour moi, je cours, je fais un atelier de céramique et avec les beaux jours j’ai insaturé un nouveau rituel où je me lève plus tôt pour me faire une petite séance d’étirement sur la terrasse, moi avec moi !! Ca fait un bien fou. La prochaine étape pour moi est de reprendre une activité pour penser à moi justement , et arrêter de me dire que si je retravaille mes enfants mon mari seront lésés !!!

  7. coucou,
    Moi aussi ton article me parle mais de manière un peu différente. Mon mari a eu des soucis de santé (burn out, dépression…) il y a quelques années qui lui ont fait prendre de conscience de cette importance de d’avantage penser à lui pour pouvoir être mieux. Sauf qu’aujourd’hui, il pense beaucoup à lui, s’accorde beaucoup de moments pour lui: il fait ce qu’il a envie de faire au moment où il en a envie, et ne fait pas ce dont il n’a pas envie … et comme la balance n’est vraiment pas équilibrée, j’ai l’impression que beaucoup de choses pèsent sur mes épaules et c’est parfois très difficile. Il faut vraiment trouver un juste milieu, qui, quand comme lui on a été en bas de la pente et qu’on a réussi à la remonter n’est vraiment pas facile à trouver… en attendant moi ça me pèse, mais je n’ai pas non plus envie qu’il retombe mal … bref l’équilibre est très difficile à trouver.

    1. Je te comprends tout à fait!
      Souvent dans un couple j’ai l’impression que c’est l’un ou l’autre, et puis ça change en fonction des periodes

  8. 13 ans que c’est le cas et sans aucun échappatoire, ni week end solo ou duo, ni même après midi, la dernière fois ça devait être deux heures pour aller au cinema seule l’année dernière, bref c’est pas facile.
    Dur et triste constat finalement, heureusement j’arrive à m’échapper autrement

  9. Je crois que ça parle à toutes les femmes d’aujourd’hui. Entre les enfants, le travail, les tâches domestiques on est tellement sollicité et débordé que ça en devient n’importe quoi (bon ça c’est un autre sujet). Alors le temps pour soi effectivement on le met de côté mais ça ne dure qu’un temps comme tu l’as si bien dit car perso aussi je deviens vite aigri si je ne m’en accorde pas. Depuis peu de temps j’y arrive de + en +, ma fille va sur ses 9 mois, alors même si c’est + que léger et insuffisant pour mon bien être, je me dis que dans quelques temps ça reviendra.

  10. Elle est vraiment super cette nouvelle rubrique ! Que ces échanges sont riches ! C’est quand même dingue qu’on n’y arrive toujours pas, alors qu’on sait toutes que c’est aussi vital que le reste. Ma maman insistait pour nous montrer le droit à l’imperfection et le besoin de penser à soi et je n’y arrive pas + … parfois ça me rend en colère, parfois triste… et une semaine de canicule comme en ce moment, on n’est pas prêtes d’avoir nos soirées ! Courage !

  11. Coucou,
    ton article résonne beaucoup en moi. Je fais toujours passer mes 2 filles et mon mari avant. Je fais les courses, gère la maison, la nounou, l’école, . . Et moi, dans tout ça ?
    Je n’ai plus le temps de me maquiller, de prendre de petit-déjeuner, mon cours de yoga c’est où déjà ? Depuis la naissance de ma 2ème, je n’arrive plus à trouver du temps pour moi, du temps pour souffler, je cours tout le temps pour que tout le monde soit satisfait. Depuis quelques mois, ça ne me convient plus du tout, et j’essaie que mon mari prenne un peu le relais . Mais l’équilibre est difficile à atteindre.

  12. Alors tout d’abord : Joyeux anniversaire Carole!!!!
    C’est drôle car quand j’ai également ce besoin de me recentrer sur moi-même je ressens exactement les mêmes choses….que je n’arrive jamais à exprimer d’ailleurs.
    Et quand c’est comme ça, je profite souvent d’un week-end où je n’ai pas les filles pour m’intérioriser complètement au fond de ma bulle, me mettre à jour sur des petits détails qui me stresse, faire un grand vide dans ma tête parfois en ne faisant rien (mais rien du tout et ça peut durer quelques heures), puis une bonne séance de sport (oui oui il n’est jamais loin mon ami le CrossFit au milieu de mon bien-être)…..et ça repart!!!!!
    J’ai le sentiment que c’est soit ça soir le craquage alors je m’écoute.
    Merci pour ton article si réel aux yeux de nous toutes je pense.

  13. Ton article me parle aussi beaucoup. Je me suis rendue compte que je devenais irritable quand je ne pouvais pas avoir du temps pour moi : entre le boulot, le temps de transport, mon fils (et encore je n’en ai qu’un), les chats (si si quand ils vous réveillent au milieu de la nuit pour avoir des câlins 😉)… et encore mon chéri fait pas mal de choses aussi. J’ai mis du temps à me dire que telles tâches pouvaient attendre demain si je devais renoncer à quelque chose que j’avais envie de faire. J’y travaille encore mais y a du progrès. Le jardinage m’aide beaucoup à me retrouver. Et le sport que je vais enfin reprendre en septembre.
    Merci en tout cas pour cette belle rubrique d’échanges

  14. Ohhh comme ton post me parle… !! Je suis maman de 2 enfants en IEF et je t’avoue que prendre du temps pour moi est la dernière de mes priorités. & pourtant… J’en suis arrivée à un point où le burn out pointait le bout de son nez. Je ne supporte plus la région dans laquelle j’ai choisie de vivre il y a 6 ans et tout comme toi, je deviens très triste et très irritable. Mais ce week-end j’ai décidé que c’était terminé. J’ai participé pour la première fois à une retraite entre femmes et je ne me suis jamais sentie aussi bien. À force de m’oublier je ne savais plus qui j’étais. Je me suis fixée mes objectifs, dans 3 ans je quitte cet endroit dans lequel je ne vibre plus et entre temps je vais mettre en place MES moments avec les choses qui ME font du bien. 🙂 J’espère arriver à garder le cap des ces belles énergies qui m’ont portées ce week-end et ne pas retomber dans la tristesse.

  15. Bonjour. Ton article pointe quelque chose qui me questionne depuis quelque temps. J’ai lu tous les commentaires, et j’ai l’impression d’etre un ovni. Du temps pour moi j’en prends regulierement, sans aucun scrupule de faire passer enfants et mari en second plan pour quelques minutes / heures. Aller au sport le soir, sortir entre amis, payer une demi heure de garderie en plus pour avoir un temps pour moi à la maison avant d’aller les chercher, regarder la to do liste et finir par plonger dans un bouquin, faire la sieste en laissant le grand jouer seul dans sa chambre… la liste peut paraitre longue mais elle ne compense pas toujours l’accumulation de taches pour le boulot/les enfants/la maison/les ainés a s’occuper. Est ce vraiment possible de trouver un equilibre? En avancant je me dis que la « solution » n’est peut etre pas d’ajouter des temps pour moi mais de faire en sorte de plus prendre soin de moi dans les temps pour les autres. Plus m’écouter, plus voir aussi que cela correspond à mes valeurs et mes projets (et pas juste des contraintes…) … désolée pour ce commentaire fleuve! Je me demande si cela fait echo en toi?

  16. Coucou DeboBrico,
    Magnifique article, très belles photos, et bravo pour ta sincérité, j’ai beaucoup de mal à parler de moi de cette façon-là, et je me suis en partie reconnue dans ton article, j’ai décidé, il y a 7 ans maintenant, de penser à moi, suite à une maladie qui ne m’a fait beaucoup de mal et dont je garde encore quelques sequelles aujourd’hui (très peu heureusement), et se prioriser parmi ses priorités est nécessaire et vital à la fois.
    Beau blog également 🙂
    Mille bisous
    à bientôt
    chat et orchidée chatetorchidee.e-monsite.com

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