Se préparer à un accouchement physiologique

Après nos échanges sur Instagram au sujet de l’accouchement, j’ai décidé de tout compiler dans un article de blog. Il ne s’agit évidemment que de ma propre expérience et expertise de personne qui baigne dans le milieu de la naissance, mais je ne suis en aucun cas une professionnelle. Ce qu’on appelle communément un accouchement physiologique est une naissance sans intervention médicale, on pense tout de suite à la question de la péridurale, mais c’est plus complexe que ça, c’est aussi une question de liberté, de position, de confiance et de puissance.

La préparation à la naissance

Nous avons la chance en France d’avoir un grand panel de choix pour les préparation à la naissance, hypnose, yoga, classique, haptonomie etc. L’objectif selon moi est de se constituer une boite à outils avec des choses qui parlent à la future maman. Et aussi, apprécier ces moments pendant la grossesse pour prendre soin de soi. Ce qui est vraiment essentiel c’est de remplir son réservoir de confiance en soi, mais aussi en son bébé et en les soignants qui nous entourent.

Le choix de la structure

Notre pays n’est pas le mieux placé en terme de choix pour accoucher. Et cela ne s’explique pas par des raisons médicales ou scientifiques mais vraiment par des raisons culturelles et idéologiques (d’ailleurs si ça vous intéresse j’ai tout détaillé dans cet article)

Voilà les différentes alternatives en France:

  • La maternité publique ou privée qui concerne la très grande majorité des femmes
  • La plateau technique, il en existe peu, c’est une salle d’accouchement (souvent nature) qui est louée par une sage-femme libérale, afin de proposer un accompagnement global.
  • Les maisons de naissance (9 en France, 6 en métropole), où est également proposé l’accompagnement global (je détaille le fonctionnement ici)
  • L’accouchement à domicile (très diabolisé en France, et à la limite de la légalité malheureusement, en raison des conditions d’assurance). Peu de sages-femmes le propose et il n’y en a pas non plus sur tout le territoire.

Ce qui signifie très concrètement qu’en fonction des lieu d’habitation et des conditions de ressources, énormément de femmes n’ont pas de choix quant au lieu d’accouchement.

Le projet de naissance

Le projet de naissance c’est l’occasion de coucher sur le papier nos souhaits pour la naissance du bébé. C’est une pratique de plus en plus courante et les soignants y sont désormais bien familiarisés.

N’hésitez pas à personnaliser le plus possible de bout de papier, avec de la couleur, des photos, afin de permettre aux sages-femmes de mieux vous connaitre, de comprendre vos peurs, vos appréhensions, sans juste se trouver devant une liste de doléances. Attention cependant, à ne pas faire plus long qu’une feuille A4 recto, pour être sure que ça puisse être lu et compris rapidement.

Au delà des questions d’episio, de papa qui coupe le cordon qui sont les demandes courantes, n’hésitez pas à préciser des petites choses, comme frapper avant d’entrer dans la salle, ne pas mettre la lumière trop forte etc.

Si vous souhaitez un accouchement physio, la chose à noter est que vous ne souhaitez pas qu’on vous propose la péridurale, en vous laissant le droit de la demander par vous même.

Le rôle de l’ocytocine

L’ocytocine c’est l’hormone de l’amour, du plaisir, c’est elle qu’on sécrète pendant un orgasme par exemple. Elle est indispensable à la mise en travail spontanée pour un accouchement. À la naissance, la femme connaît un énorme pic de cette hormone, un shoot même on peut dire! Et elle continue à être libérée pendant les peau à peau, les câlins, les tétées. Le papa en bénéficie également en portant son bébé.
Et voyez vous, enceinte, au dernier trimestre on a tout intérêt à la cultiver. Déjà juste parce que ça veut dire faire des choses qui nous font du bien, nous font plaisir, donc c’est forcément positif. Mais aussi parce que l’utérus est gorgé de récepteurs de cette hormone. En les stimulant, les nourrissant d’ocytocine, c’est une façon de préparer la naissance.
N’hésitez donc pas à entourer d’amour les femmes enceintes de votre connaissance, et à prendre spécialement soin de vous, être à l’écoute de vos envies lorsque vous attendez un bébé.

Les phases du travail

Aux premières contractions, on parle de phase de latence. Elles ne sont alors pas forcément régulières, ni douloureuses. Le corps se met en route à son allure. On reconnaît cette phase, car on peut parler/bouger pendant la contraction. Il n’est pas nécessaire de chronométrer les contractions car cela va ramener toute l’attention au cerveau, alors que c’est au contraire le moment de lâcher prise. Il faut essayer de se mettre dans sa bulle, de se sentir en confiance, cela va permettre d’accéder à la phase active du travail.

Les contractions s’intensifient et ne laissent plus place au doute. On ne peut plus ni parler ni marcher pendant la contraction, alors souvent on va accompagner par le souffle ou des vocalises. Au sommet de cette phase, les femmes peuvent vivre ce qu’on appelle la phase de désespérance, cela s’explique de façon physiologique quand le bébé descend dans le bassin, et signifie que c’est bientôt la rencontre. Pendant la désespérance, la future maman va avoir envie de tout abandonner, elle a dire qu’elle veut partir/ tout arrêter et moins drôle, elle peut même avoir l’impression qu’elle va mourir. C’est au conjoint de remobiliser, rassurer, remotiver à ce moment.
Ensuite on peut observer une phase de quietude, c’est assez rare en milieu hospitalier mais ça peut arriver, les contractions vont s’espacer, permettant même parfois de s’assoupir.

Vient alors la phase de poussée. Elle peut etre plus ou moins longue (surtout si c’est un premier), certaines femmes poussent 2 fois, d’autres, pendant 2h. Au moment où la tête sort la plupart des femmes temoigne de la sensation de brûlure, c’est le fameux cercle de feu.
Quand bébé arrive enfin, apres tout ce long chemin, ce marathon même, on pourrait croire que tout est fini… mais non.

L’accouchement c’est aussi la délivrance, la sortie du placenta. En fonction de la structure, on va se laisser plus ou moins de temps. La femme va de nouveau ressentir des contractions et devoir pousser pour expulser le placenta.
Cette fois c’est bien fini.

La gestion de la douleur

C’est le gros sujet de l’accouchement physio, et la crainte des futures mamans. D’où tout l’intérêt d’avoir posé toutes ses questions, déposer toutes ses craintes pendant la grossesse pour arriver la plus sereine et confiante le jour J.

D’autre part, on va pouvoir piocher dans la boite à outils constituée à l’avance, on peut tester les massages, la sophro, chercher les positions les plus confortable, faire des sons, aller sous la douche ou dans un bain etc.

Ensuite, il faut imaginer, même si ce n’est pas évident dans notre culture, qu’on peut dissocier la douleur de la souffrance. La douleur c’est un état de fait, c’est une sensation. La souffrance c’est notre perception de la douleur associée à la peur souvent, la souffrance c’est la détresse que provoque la douleur. Ce que j’ai appris personnellement, c’est que la douleur peut être regardée sans jugement, sans appréhension, en la laissant nous traverser sans résister. Et ça, ça change tout. Je me souviens me visualiser dans des vagues et les laisser m’emporter sans lutter, sans en avoir peur.

C’est état de lâcher prise va être aidé par le cocktail d’hormones secrété par la femme. On a déjà parlé de l’ocytocine, mais pour le travail, l’endorphine va jouer un rôle central. L’endorphine c’est notre morphine naturelle, c’est très puissant, cela ne va pas annuler les douleurs (en général, bien que certaines femmes témoignent n’avoir ressenti aucune douleur pendant leur accouchement) mais cette hormone va permettre à la femme de déconnecter, de s’échapper, et c’est en cela que l’accouchement physio est une réelle expérience (assez éloignée de ce que nous vivons au quotidien). Certaines femmes se voient même en dehors de leurs corps, d’autres se sentent profondément connectées à la nature, à l’humanité. La plupart des femmes ressentent une grande puissance.

Conclusion

Je vous souhaite à toutes de vivre exactement la naissance dont vous rêvez.

Enfin, j’aimerais rappeler que l’accouchement n’est pas une performance et qu’il n’y a pas d’échelle de mérite dans la façon de mettre au monde son enfant. Ce qui est important c’est d’être aller au bout de son chemin et de s’être sentie soutenue dans son projet. La finalité est toujours la rencontre avec son bébé. Si vous souhaitez absolument la peri, c’est tout aussi légitime, cela ne fera pas de vous une mauvaise mère. Dans tous les cas, votre corps est merveilleux et vous êtes puissantes.

4 réflexions au sujet de « Se préparer à un accouchement physiologique »

  1. Bonjour Déborah, vous êtes magnifiques, merci pour ces photos et votre partage sur ces bons moments en famille et votre grossesse.

    Pour ma troisième grossesse j’ai choisi un accouchement physiologique que j’ai pu préparer avec ma sage-femme et sa bienveillance. Mon conjoint a été un pilier de cette démarche ! Rien n’aurait été possible sans lui. J’avais très peur de la douleur. Je me suis énormément entraînée à faire des sons graves. Ça a été magique ! Un accouchement ultra rapide et une douleur relayée derrière le bonheur de sentir et « maîtriser » l’accouchement, et surtout être tournée vers l’accueil de mon bébé !

    Je vous souhaite une belle fin de grossesse, on vous l’a certainement dit 1000 fois mais profitez-en bien !

  2. Lire cet article me rend nostalgique car j’ai vécu un deuxième accouchement formidable, sans péridurale et rapide !
    J’avais lu au préalable la bande dessinée de Lucile Gomez et cela m’a aidée je pense.
    Ce que j’ai adoré c’est que j’étais vraiment dans ma bulle, yeux fermés et comme en connexion avec mon bébé. La sage femme dans une phase un peu plus difficile a eu une phrase magique : « imaginez que vous prenez votre bébé par la main et vous descendez ensemble dans la vague »…

    Le mieux c’est ce sentiment de surpuissance à l’issue de cet accouchement (que j’ai moins ressenti pour mon premier accouchement où j’ai plus subi ce qui se passait). Ce sentiment a perduré longtemps après et lorsque je repense à cette naissance, je ressens encore une grande fierté. Ce qui est génial aussi c’est le regard de mon mari sur moi : je l’ai senti vraiment impressionné de me voir mener cet accouchement (il a été aussi très surpris de me découvrir sous un autre jour ! )

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