Ecologie: Les idées reçues sur le lavable

Aujourd’hui j’ai eu envie de me pencher sur le sujet de toutes les alternatives lavables qui s’offrent à nous, afin de réduire nos déchets.

Pourquoi cet article?

Récemment, plusieurs conversations m’ont amenées à réfléchir ou échanger à la question du comparatif à l’usage, du lavable, du jetable. C’est des réflexions que j’ai déjà menées dans mon coin, et sur lesquelles j’ai cheminé il me semble. Mais aujourd’hui j’ai eu envie d’en discuter avec vous.

Le Lavable contre le jetable au quotidien

Alors, déjà on ne va pas tourner autour du pot. On va tout de suite tenter de répondre à la grande question, celle qui anime les repas en famille:

Est ce que le lavable est forcement plus écologique?

Dans l’immense majorité des cas c’est un grand oui. Pourquoi? Parce que un produit jetable coute à sa production, puis devient instantanément un déchet. Je vous conseille la lecture de cet article qui est hyper complet sur la question, alors oui c’est une boutique de produits zéro déchets donc évidemment il y a un parti pris. Mais il est suffisamment bien documenté pour être lu. On peut affirmer qu’il est toujours plus écologique d’utiliser un torchon que de l’essuie-tout, des mouchoirs lavables plutôt que jetables, des cotons lavables etc.

Le cas de la couche lavable

Dans l’univers du lavable, la couche lavable fait énormément parler d’elle. Que lui reproche-t-on à la couche lavable? On lui reproche de consommer énormément d’eau au lavage. Pourtant les études se contredisent entre elles, on peut lire que la CL consomment plus d’eau que les CJ… tout comme l’inverse. Pourquoi c’est compliqué? Déjà certains articles occultent qu’une couche jetable consomme elle aussi énormément d’eau à la fabrication. Là c’est juste un oubli, mais qui est tout de même très important car c’est plus de 5L d’eau pour une couche jetable. D’autre part, il faudrait normer l’utilisation d’une couche lavable. Combien on met de couches dans sa machine par cycle? Est ce qu’on compte un cycle de rinçage alors que tous les parents ne le font pas?.. Est ce qu’on calcule à la couche ou à l’utilisation complète d’un enfant de sa naissance à sa propreté. Et puis en fonction des tissus qui composent la couche on peut doubler la consommation en eau. Souvent les chiffres se mélangent et se contredisent. Si l’étude est demandée par Pampers, vous pouvez être surs que la conclusion sera différente d’une même étude menée par Hamac.

En gros le coût total en eau par enfant de la naissance à la propreté pour ses couches jetables est de 25000L. Le coût total d’eau pour un enfant en couche lavable va se situer entre 11 000 et 31 000L en fonction des tissus.

N’oublions pas non plus qu’une couche lavable est moins polluante à la fabrication et n’est pas un déchet en puissance.

Le lavable oui, mais quel tissu?

Les couches lavables, nous amène donc tout naturellement au sujet suivant. Est ce que tous les tissus se valent? Et bien non pas du tout justement. Il existe de nombreux tissus dont nous ne connaissons pas forcement les modes de production, ni le coût environnemental. Je vous invite à lire cet article comparatif très bien documenté qui parle de chaque tissu et aussi des labels.

Le problème du coton

Le coton, en culture traditionnel est très gourmand en eau. De plus il pousse bien loin de l’hexagone. Il se trouve que si vous achetez du coton pour réaliser des sacs à vrac, c’est beaucoup moins écolo que d’utiliser de sacs en kraft (qui en plus, peuvent se réutiliser). C’est également le problème lorsqu’on se coud des vêtements nous-même ici en France, mais avec du coton chinois bourré de pesticides, ce n’est pas vraiment respectueux de l’environnement. A bien y réfléchir ça n’économise que le cout social de la main d’œuvre exploitée. De même, acheter du tissu neuf pour emballer ses cadeaux, c’est une fausse bonne idée. Vous pouvez choisir du coton bio, c’est déjà mieux, ou sinon du lin français, là c’est carrément bien!

La fameuse microfibre

La microfibre a été vendue comme l’arme révolutionnaire des ménagère. On lui a rapidement donné des vertus écologiques, puisqu’elle remplacent les lingettes jetables (en même temps quelle idée d’inventer des lingettes jetables pour faire le ménage… ). En réalité la microfibre ce n’est rien d’autre que du polyester. Et le problème du polyester c’est qu’il rejette à chaque lavage des centaines de micro particules de plastiques, trop petites pour être filtrées, qui se retrouvent directement dans l’océan. Le polyester c’est pas génial du tout et la microfibre pour faire le ménage, ce n’est pas si écologique. Mieux vaut miser sur un torchon en coton qu’on a déjà à la maison.

Le tissu seconde main

Et pourquoi pas ne pas utiliser le tissu déjà existant, en recyclant ses vieux draps, en achetant des serviettes en tissu chez Emmaüs, à chinant des mouchoirs sur Vinted. Il est toujours plus écologique de réutiliser que de produire.

Le marketing zéro déchet

Le zéro déchet est devenu tendance il parait. Effectivement il y a désormais plein de produits estampillés zéro déchets. Et on peut se féliciter que des alternatives à l’usage unique existent désormais, comme les gourdes, les sacs à vrac, les cotons lavables. Et que tout cela soit facile à trouver.

Mais c’est vrai que le fait que cela devienne une tendance est problématique, car on va se retrouver sur les ressorts commerciaux habituels. Collection saisonnière, soldes, publicité, autant de méthodes qui encouragent la consommation. Ce qui est forcement antinomique avec le zéro déchet.

Le cas d’école: le tote bag

Le tote bag est devenu le symbole du marketing green, objet sympathique incarnant le réutilisable, il a envahit nos armoires. En devenant un objet tendance, un objet goodie, objet de greewashing il a perdu toute son utilité. En se multipliant dans les rayons et nos maisons. Il est dorénavant presque devenu un objet jetable.

En conclusion

Le lavable c’est bien, oui c’est mieux que le jetable… mais à la condition de le consommer avec sobriété. Le lavable est intéressant s’il est utile et utilisé. Il faut donc être vigilent à ne pas reproduire des comportements de sur consommation avec les produits zéro déchet. Il faut également se méfier du greenwashing. Le bon sens est donc de mise. Avant d’acheter des produits lavables, pensez à regarder ce que vous avez déjà chez vous, à récupérer les mouchoirs de papi et à utiliser ses torchons en sopalin.

Conclusion bis

L’objectif de cet article n’est pas du tout de faire culpabiliser, et si ça vous fait trop plaisir d’acheter un sac à pain à une créatrice sur un marché de Noël on est bien d’accord que ce n’est pas vous qui allez finir d’achever la planète avec cet acte! L’objectif de cet article est plutôt de faire réfléchir à nos modes de consommation en général et sur les produits zéro déchet en particulier. De se souvenir qu’adopter un mode de vie plus respectueux de l’environnement c’est forcement consommer moins, et non pas juste déporter sa consommation vers des produits qui nous donnent meilleure conscience.

Ah et puis l’objectif c’était aussi de partager quelques arguments pour les débats de famille endiablé sur l’écologie évidemment.

Sources

Comparatif de couches lavables jetables 

Etude Cosoglobe sur les couches jetables et lavables

Etude sur la consommation d’eau de Hamac

17 réflexions au sujet de « Ecologie: Les idées reçues sur le lavable »

  1. Merci beaucoup de nous alerter la dessus… Très bon article, pertinent et toujours interpellant sans nous culpabiliser pour autant… Merci !!!!

  2. Ici, la première question c’est est ce que j’en ai VRAIMENT besoin. Genre, ma vie va t’elle vraiment être plus simple avec et objet donc effectivement, la poche à pain ne m’apporte rien, les sacs à vrac très peu puisqu’en général je remplis directement dans mes bocaux, pour couvrir mes casseroles ou plats dans le réfrigérateur, j’utilise une assiette, pour envelopper les sandwichs, une serviette en tissu suffit …
    J’ai la chance de savoir un peu coudre donc je couds les lingettes avec des vieux tissus ou serviettes éponges et c’est à peu prêt nos seuls « investissements » en produits lavables.
    Bref, au-delà du débat lavable/jetable, se pose encore la vraie question de la (sur) consommation … Et certains surfent tellement bien sûr ce Pseudo green marketing …

  3. Bonjour,
    Merci pour cet article.
    Merci pour l’info polyester des microfibres (zut et crotte, c’est bien pratique quand même!).
    Étant couturière amatrice, je me suis fait des lingettes démaquillantes (certaines avec du tissus éponge, plutôt exfoliantes et d’autres avec de la peau de pyjama comme j’aime à le dire, soit du velours et donc toutes douces et absorbantes).
    Remplacer la microfibre par du tissus velours est peut-être la solution pour le nettoyage poussière et multi-usage !!!
    J’ai également fait du sopalin lavable grâce aux tutos sur le net mais par contre, il y a des choses que je fais avec du sopalin que je ne ferai pas avec mon sopalin lavable comme essuyer du gras par exemple…si vous avez une solution !?!
    En tout cas, ces petits tutos sont un bon moyen de se mettre à la couture et de faire soi-même car très simple !!!

      1. Hello, je pensais plus au gras en trop dans la casserole, ou sur la crêp’party ou pour absorder le gras des frites ou des nems par exemple…

  4. Merci ! Je trouve votre article intéressant, c’est une chouette synthèse réaliste. Je vous rejoins dans le discours et pas encore dans toutes mes actions pour plein de bonnes et de mauvaises raisons, j’en suis désolée, mais les témoignages de ceux qui font, comme vous, font leur chemin malgré tout ! Merci. En fait, quand on applique le zéro déchets, il faut se souvenir que le déchet, ce n’est pas seulement l’objet lui même quand on ne l’utilise plus mais aussi ceux que génèrent sa production, et se souvenir que ce n’est pas seulement le visible, mais aussi l’invisible comme l’énergie nécessaire, etc …. Et ça ouvre des petites portes sur des considérations plus larges et plus délicates, écologie/économie, écologie/politique… C’est passionnant, tristement passionnant pour le moment mais les témoignages, les actions, les réflexions des gens et des asso comptent ! Bonne journée !

    1. Il ne s’agit pas d’être parfaites, de toute façon, cela ne suffira pas à inverser le bouleversement environnemental. Il faut surtout cheminer et prendre conscience.

  5. pour mon premier enfant, j’ai découpé un vieux drap de bain pour en faire plein de petites lingettes pour nettoyer les fesses. je suis nulle en couture alors les cotés sont pas terribles, et la serviette était moche alors elles sont moches. Et elles essuient toujours les fesses de ma troisième et souvent je félicite la femme enceinte d’il y a sept ans que j’étais pour cette initiative, ça en fait des cotons épagnés !!!

  6. oui c’est complètement ça! un beau marché de l’équipement zero dechet c’est vraiment développé pour le meilleur et pour le pire…
    On se retrouve parfois à avoir envie d’acheter des choses réutilisables qu’on n’utilise pas en jetable un comble!

    Pour les mouchoirs lavables, avez vous franchi le pas et si oui comment les lavez vous? Je n’ai pas encore réussi à les laver correctement. En cas de gros rhume il reste toujours de la morve diluée (oui bon c’est crade mais c’est justement pour ça que je cherche une solution) les faire tremper avant? bref le mouchoir est le seul truc pour lequel je ne suis pas encore complètement satisfaite

    1. Je n’ai pas eu besoin de passer aux mouchoirs lavables, puisque je n’ai jamais utilisé de mouchoirs en papier 🙂
      Je n’ai jamais eu de problème au lavage… ils ressortent propres. C’est bizarre. Tu laves à froid?

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