Vieillir #9 Cette envie d’ailleurs

J’ai toujours eu un peu la bougeotte. J’ai toujours eu envie de voir comment on vivait ailleurs et si la terre était aussi belle de l’autre côté.

J’ai longtemps pensé que ce besoin je l’assouvirai par un grand voyage. Mais plus le temps passe et plus les contours de cette envie s’affinent et me guide vers une autre idée, qui est celle de vivre ailleurs. Non pas d’explorer en touriste mais d’expérimenter en profondeur un système ou un mode de vie différent.

C’est pourtant ambivalent en moi, car j’aime ma région, sa nature, sa diversité, j’aime la montagne, la neige. Autant de choses que rien ne me garanti de retrouver ailleurs. Mais cette année 2019 a été un vrai révélateur, elle nous a véritablement mis à l’épreuve, a obligé à questionner toutes nos certitudes. Et c’est très triste à exprimer, ce n’est même pas un sentiment dont je suis fière, mais en ce fin d’année je me sens profondément désillusionnée par le système . École, climat, condition de la femme, naissance, place de l’enfant… toutes ces choses pour lesquelles je me suis engagée cette année, prenant sur mon temps, mon énergie, en y mettant toute ma bonne volonté et mon positivisme, tout mon espoir et ma confiance… Rien n’a évolué, ou alors pas dans le bon sens.

Je sais que c’est très utopique comme idée, que ce n’est peut être qu’une fuite, que de la lâcheté même. Mais si vraiment il existait un système plus en accord avec mes valeurs et mes convictions profondes, est ce que je devrais m’empêcher d’y aller ?

Je ne vais probablement pas vous surprendre, je pense aux pays scandinaves, toujours mis en avant pour leur qualités de vie. Je sais qu’il y a probablement beaucoup d’idéalisation… mais je n’y peux rien, j’y pense… tout le temps. J’adore les blogs d’expat comme celui là, ou suivre des comptes Instagram scandinaves… dont je ne peux admirer que les images puisque je ne comprends absolument rien au texte. Ce qui m’amène tout naturellement à la partie craintes/ problèmes/ limites/ inconvénients… Vous avez compris, l’autre côté de la liste quoi !

Car si ce changement de vie devait se faire dans l’avenir, il y a tout de même bien des aspects qui me terrorisent, dont le premier est sans aucun doute : l’apprentissage d’une langue étrangère. Oui car même en anglais je suis d’une nullité affligeante. C’est une de mes faiblesses les langues étrangères, c’est quelque chose de profondément difficile à apprivoiser pour moi. Je me suis d’ailleurs surprise récemment à consulter si l’application Babbel proposait des cours d’anglais pas trop chers pour me remettre un peu à niveau. Et là on parle d’anglais mais imaginez si je devais apprendre le suédois ou le danois.. j’en ai des sueurs froides !

Après il y a aussi toutes les barrières handicapantes réelles ou culturelles, comme l’emploi, l’argent, la famille, les habitudes…

Il y a la peur de l’inconnu, les changements d’écoles, de langue, de culture. Il y a aussi la peur de l’isolement et pire, celle de la déception.

Je n’arrive pas encore à bien cerner, si cette envie est juste celle d’une fuite ou s’il s’agit d’une volonté plus profonde de changement de mode de vie. Oui car souvent, j’hésite aussi avec une cabane quelque part dans le monde en autosuffisance… Même si c’est à construire ou reconstruire dans nos esprit, je pense que cette envie est à interroger car elle est forcement révélatrice de quelque chose (ou pif, je dirais d’un mal être dans notre société). Elle m’apprend nécessairement quelque chose sur mes aspirations, mes priorités et aussi ma personnalité.

C’est justement pour ça que j’ai eu envie de rédiger cet article, c’est pour en discuter avec vous. Savoir si vous aussi, parfois vous avez envie de changer de vie. Si vous l’avez fait, quels ont été les plus grosses difficultés . Si vous en êtes revenus déçus. Je crois que j’ai aussi envie de savoir si ce n’est qu’une phase dans nos vies de bobos écolos désillusionnés ou si c’est plus profond que ça. Vous aurez compris: j’ai vraiment envie d’échanger à ce sujet.

Un lien de l’article a été glissé en collaboration avec une entreprise… Je vous laisse retrouver lequel 😉

38 réflexions au sujet de « Vieillir #9 Cette envie d’ailleurs »

  1. Bonjour Déborah, je n’ai aucune expérience sur le sujet d’aujourd’hui. Mais je voudrais te parler de ma cousine qui a pris la décision il y a quelques années de partir vivre en suède avec son mari et ses enfants. Je suis très admirative de son projet de vie, et elle se posait les mêmes questions que toi. Effectivement elle a du apprendre le suédois avec son mari, mais leur motivation a été un grand moteur. Ils vivent quasiment en autosuffisance, c’est impressionnant et admirable.
    Si tu es intéressée, je peux te transmettre son insta pour découvrir son quotidien et éventuellement échanger avec elle.
    Bon courage à toi dans cette réflexion qui peut changer une vie.

  2. Bonjour Déborah,

    Merci pour ce partage.
    Alors non, tu n’es pas la seule à avoir des envies d’ailleurs pour que ta vie soit en harmonie avec tes profonds désirs.
    J’aimerai également simplifier ma vie, vivre sans matérialisme, loin de notre système.
    Parfois je me dis que si j’étais seule, ce serait plus facile. Je partirai mais je ne le suis pas…
    Et c’est un sacré changement : un nouveau départ, une nouvelle langue, des emplois à trouver, arracher ses enfants à sa famille, à ses amis… C’est terrifiant !
    J’espère que tu auras des témoignages de personnes qui ont sauté le pas…je ne sais pas si j’aurai ce courage là.
    En tout cas, si je l’avais, la première chose que je ferai – après avoir au moins parfait mon anglais, si ce n’est appris la langue locale – c’est de trouver des personnes françaises sur place qui puissent m’épauler… Je connais quelqu’un en Norvège au cas où ;).
    Merci encore, à chaque fois tes messages me vont droit au cœur, j’ai l’impression que tu lis dans ma tête !!!
    Bonne journée à toi.

    1. Merci pour ton message!
      A l’inverse de toi, je crois que seule, ça ne me viendrait même pas à l’esprit, je suis certaine que je me laisserai engloutir par le système sans m’y opposer. Ma famille c’est ma force c’est eux qui me motivent à faire un monde plus beau…

  3. Oh elle est présente cette envie d’ailleurs ! Bien présente même. Pour l’instant tu le sais on aimerais se rapprocher des montagnes et avoir une vie plus simple. Plus de temps à consacrer à notre fille, un potager, des poules, un renouveau professionnel et dans l’idéal une école qui correspondrait vraiment à nos valeurs en matière d’éducation…voila nos aspiration du moment…Des fois on se verrait bien en Captain Fatastique et des fois on se dit qu’on est quand même bien trop dans le moule de notre société pour en sortir si facilement…

    1. Des fois on pense aussi aux Hautes Alpes, une petite ferme, des chambres d’hôtes…
      Mais même dans un autre décor ce sera la même société, politique etc…

    2. Bonjour…
      Je me permets de réagir car votre réponse ma parle tellement ! Ce dont vous parlez nous l’avons fait il y a 7 ans : quitter la ville, s’installer à la montagne et avoir une vie complètement différente et bien plus simple… nous l’avons fait parce que nous venions d’accueillir notre enfant âgé d’un an (adoption) et que nous voulions qu’il ne vive pas en ville.
      Nous n’avons pas toujours été compris par nos proches, nos amis mais pour nous c’était tellement ce que nous désirions au plus profond de nos coeurs.
      Si vous saviez la joie que nous avons maintenant de voir grandir notre fils (il a 9 ans) dans les montagnes du Vercors.
      Je peux avec plaisir échanger avec vous si vous le souhaitez ! Au plaisir, July-Ann

  4. pour nous, c’était une expatriation « française », LOL, passer de Lorraine en Bretagne, partir à 900 km, avec 2 mômes à l’époque, quitter la famille, s’installer (en libéral), ce n’était pas aussi difficile que de changer de pays, de langue..on n’a jamais regretté, jamais! J’étais comme toi, à ton âge, je voulais partir au Québec, mais nous nous sommes arrêtés avant de traverser l’océan. Mais nous avons trouvé l’herbe plus verte ici…
    Mes 4 enfants ont tous fait des études à l’étranger (le plus long, 4 ans 1/2 en Norvège à Oslo), savoir que dans ces pays nordiques, tout le monde parle anglais (plus ou moins, mais plus que moins, même les caissières au supermarché), apprendre le suédois ou le norvégien est très compliqué, il faut mieux être « fluent » en anglais..à mon avis, indispensable avant de partir s’installer. Ensuite, dans ces pays au nord, penser à l’hiver, il fait nuit à 15H00 à Oslo en hiver, il faut être né là-bas pour le supporter au long terme.
    Je suivrai tes questionnements et tes réponses sur l’expatriation avec attention,
    et bonne journée

    1. J’ai adoré ta phrase on s’est arrêté avant l’océan, c’est beau je trouve!
      Oui j’ai bien en tête les inconvénients météo, lumière etc.
      Après peut être que comme tu dis, juste en changement en France c’est aussi se rendre actrice de sa propre histoire

      1. j’ai oublié, une de mes filles est expatriée en Angleterre depuis plusieurs années, mais son conjoint est anglais, c’est plus simple, même si avec le brexit, cela semble plus compliqué pour le futur..(c’est tellement dans ma vie et naturel que j’avais oublié!)
        si tu veux des renseignements complémentaires, tu peux m’écrire en MP.

  5. Ton article résonne en moi car je me pose également ces questions. (Nous sommes nuls en langues étrangères alors passer le cap revient presque à de l’utopie), mais pourquoi pas après tout?
    Après si tu es bien chez toi et que c’est certaines parties de notre système qui ne te conviennent pas (je te suis complètement dans celles que tu cites), pourquoi pas mettre en place des changements de vie tout en restant chez toi : école à la maison, travailler de la maison si c’est possible, changer de travail, déménager pour être dans une maison plus petite pour des économies ou plus éloignée… Des fois, il suffit de quelques petits changements pour nous apporter un meilleur confort de vie, pas besoin de tout révolutionner ! Moi j’aimerai avoir une journée de télétravail, ce n’est pas le bout du monde mais je pense que ça m’apporterait beaucoup !!! Des bises !

    1. Mais en fait j’ai l’impression d’être un peu au max de ce que je peux faire au niveau local. Enfin peut être pas au max, mais au maximum du temps que je peux y consacrer pour ma santé mentale.

  6. Coucou, je crois que ce post va cartonner. Car tu n’es pas la seule à te poser des questions. Je ressens tout à fait la même chose. Un pays étranger ou même rentrer au bercail, le Sénégal. J’ai envie de peser sur ce système.,de laisser une trace ou quelque chose à mes enfants, de me sentir utile, de vivre pleinement au lieu de me laisser couler vers je ne sais quoi. Je ressens un trop de tout et pas assez d’essentiel. J’aimerais me recentrer sur le vrai, et non sur ce trop de superficiel. Donc j’ai annoncé à qui veut l’entendre à la maison 🙄 que c’était notre dernière année dans cette maison, j’aimerais trouver au moins NOTRE maison. Mais j’ai bien peur que ma maison soit le monde, je n’ai jamais trouvé un endroit où je me sente chez moi, j’ai été déraciné tôt et je ne sais même pas si j’arriverai à retrouver un chez moi. Ce sont mon mari et mes enfants mon chez moi. Tant de questions, tu vois. Je crois que oui j’ai aussi cette désillusion de ne pouvoir se battre contre rien, tout est pipé ou joué d’avance. Et pourtant je suis à la campagne. Bref, j’attends d’autres réponses pour voir comment certains ont réussi peut être à passer le cap. Merci à toi pour tout ça, et reflechirbcestvdeja chercher à changer les choses. Bonne journée 😘😘

    1. Olala mais c’est ouf je me retrouve vraiment très fort dans tes mots!
      Moi aussi j’ai ce truc de laisser une trace, de faire de mon mieux, de rendre au moins mon monde meilleur… c’est une vraie pression, parfois nocive, mais je suis obligée d’écouter cette petite voix en moi.

  7. Pour éviter le problème de la barrière de la langue, il y a aussi le Canada, qui je pense est avancé dans bien des domaines par rapport à l’Europe..
    c’est plus loin, mais ça reste un pays où la nature est bien présente et le coût de la vie peut-être moins cher que dans les pays scandinaves..

  8. Coucou Déborah, tu n’es pas seule à te poser ces questions là …. et ça me rassure ….ou pas….de savoir que d’autres se posent aussi ces questions. Nous sommes allées deux fois à Stockholm (une fois en couple et une seconde fois il y a deux ans avec nos 3 enfants) et l’année dernière tous les 5 à Copenhague. Ces moments là me reboostent, me font un bien fou mais le retour en France et le retour à la réalité est dur à chaque fois. S’expatrier j’y ai pensé aussi mais mes barrières sont la langue (l’anglais ne suffit pas, pour s’intégrer il faut parler le suédois ou le danois), l’administratif, trouver du travail….
    Alors peut être appliquer un peu de Hygge dans notre environnement proche et essayer de faire sa part comme le colibri, même si des fois c’est démoralisant…

  9. Répète après moi : « Hej! Snakker Du fransk? » (Aïe! Snague dou fra-nsk?)
    Sinon, ils parlent tous anglais là-bas. Comme le disait quelqu’un plus haut, même les caissières de supermarché. Il y a 14 ans, j’étais en année d’échange au Danemark pour un an dans le cadre de mon master en traduction danois-français. Mes amies et moi avons galéré pour que les Danois nous parlent en danois. Ils entendaient l’accent étranger, ils embrayaient sur l’anglais.

    C’est un chouette pays, mais deux choses m’ont refroidie. 1) Les Danois donnent l’impression d’être super chauvins. C’est eux les vikings, les durs de durs (même si, dans l’histoire, le Danemark perd contre toujours contre les autres pays scandinaves, mais ça c’est pour l’anecdote). Leur langue, c’est la plus belle du monde, mais il ne faudrait pas que trop de monde l’apprenne. Restons-en à l’anglais.
    2) A 15h en hiver, il fait noir. A 9h du matin, il commence à peine à faire jour. En gros, tu rentres dans l’unif, il fait noir ; tu en sors, il fait noir. Dans mon pays, il commence à faire noir vers les 16h30/17h00, j’ai l’habitude. Mais 15h, je n’ai jamais pu m’y habituer! Réfléchissez-y, vous qui venez de Lyon/Grenoble.

    Bonne réflexion! 🙂

    1. Oh merci pour ce retour c’est super intéressant!!
      Oui j’ai déjà entendu ça pour la langue!
      Et la lumière c’est un vrai sujet, car mon chéri est hyper sensible à la morose hivernale due justement au manque de lumière. En tout cas on a bien ces idées en tête

  10. Ne serait-ce pas l’école et dans peu de temps le collège qui vous rongent et seraient le coeur du problème ?
    Vous ne seriez pas les seuls parents.
    Il existe trop peu d’alternatives et encore moins accessibles.
    Des expats j’en ai dans ma famille (depuis 1850 d’ailleurs, les fameux cousins d’Amérique, mais plus récemment au Moyen-Orient, en Asie et personne ne reviendrait hormis pour les formages et le pain, mais bon leurs salaires mensuels sont l’équivalent d’une année de travail pour un cadre ici, ça entre dans la balance).
    J’ai aussi des amis expats (Asie, Europe, Amérique du Sud) et c’est pas si rose. Il faut ficeler le projet en amont, négocier le salaire, la compensation de salaire pour le conjoint non salarié, les mutuelles, la prise en charge scolaire dans les écoles et lycées français, les avantages en nature comme le loyer, le véhicule de fonction. Rester dans l’entre soi car le milieu des expats et des cadres est petit, que l’ouverture d’esprit, l’apprentissage des langues, aller vers l’autre, c’est vite évacué. Ils ne rentrent pas dans la case « expat roots » mais c’est aussi un volet des expats, les expats business.
    La prise en charge médicale est également un point à étudier car ça peut vite virer au cauchemar ou à la ruine.
    Le mieux pour vous fixer est de prendre une disponibilité sur 6 mois ou un an, faire avec vos économies, partir et voir sur place si ça vous convient. L’âge de vos enfants permet de tenter l’aventure sans vous soucier des filières, de l’orientation. Tout est possible !

    1. Alors non ce n’est pas le collège en soi qui pose soucis c’est vraiment le système éducatif en général.
      On a déjà pensé à la question médicale, surtout qu’on va avoir beaucoup d’orthodontie en perspective!!

  11. J’ai deux exemples proches de moi, tout d’abord ma fille qui est partie avec ses deux petites filles et son mari en Australie, il y a maintenant quatre ans, ils se sont très bien intégrés meme s’ils vivent beaucoup entre francais, je trouve ! ils ne s’en plaignent pas, et cerise sur le gateau l’ainée des filles qui a maintenant huit ans est trilingue francais, anglais et italien car le papa est italien ! C’est plus compliqué pour la petite de 4 ans qui mélange un peu toutes les langues !
    Il faut peser le pour et le contre, car les frais médicaux sont chers et peu remboursés et les loyers sont chers avec un bail renouvelable tous les ans au bon vouloir du propriétaire, ils ont déjà changé de maison deux fois en quatre ans !
    les hiic, c’est un peu loin pour nous, mais on a quand meme pu y aller deux fois mais en vieillissant ca va etre un peu plus compliqué
    J’ai un deuxième exemple un peu différent ma nièce et son mari et leurs deux petits garcons. Ils ont tout vendu (maison, meubles, etc … Et sont partis en Camping car pour an voir plus sur les routes de l’Europe voir plus. Ils font l’école aux enfants et. Pour l’instant tout se passe bien … Ils ont un blog sur le quel on peut les suivre « vivre d’aventure »
    Voilà, il faut etre surtout très motivé !

  12. J’ai plusieurs expatriés dans ma famille.dont.mon fils aux 4 coins du monde. Il y a beaucoup de critères à prendre en compte. Le métier exercé, les diplômes, pour certains pays une somme d’argent non négligeable sur le compte certifie par la banque, une assurance secu ect… cela devient compliqué, un visa on l’a sans problème, un pvt cela commence à être compliqué, l’installation c’est une autre affaire. Ah oui j’oubliais la culture. Mon fils est franco canadien, il parle couramment l’anglais, me dit toujours qu’au bout de 7ans il y a toujours le fossé culturel… voilà moi j’ai pas mal voyage ce qui m’a permis de voir qu’on est bien france . Installez vous dans une région que vous aimez. Faite l’instruction en famille avec le cned.

  13. Bonjour Déborah,
    Ton article fait particulièrement échos en moi car tout comme toi, je suis tiraillé entre le fait d’avoir une vie plutôt confortable (même si je n’ai pas choisi l’endroit où je voulais m’installer) et l’envie de partir et changer complètement de vie. Notre société me convient de moins en moins et j’ai très envie de partir découvrir le monde, acheter un camping-car et si un endroit me plaît vraiment pourquoi pas m’y installer.
    D’un autre côté, comme tu l’as dit, j’ai peur de sortir de ma zone de confort, partir loin de ma famille, me retrouver dans un pays complètement différent du notre où je ne comprend pas la langue, le gros problème étant également le travail.
    Après, ce qu’il faut se dire c’est qu’une situation n’est jamais figée et définitive.
    J’espère que ces échanges t’aiderons à y voir plus clair.
    Un tel changement ne se fait pas en deux secondes, il se murit, se réfléchit avant de prendre réellement vie.
    Je te souhaite plein de courages et t’envoie plein de pensées positives!

  14. Bonjour. J’apporte ma petite pierre à la discussion même si je pense que mon ressenti est un peu différent. J’ai régulièrement des envies de changements, plus modestes car je suis trop attachée à ma famille pour imaginer changer ne serait-ce que de région. Cela correspond toujours à des périodes de fatigue, de ras de bol, de découragement. J’imagine alors déménager, prendre une ferme, changer de métier… et puis en me reposant et en y réfléchissant, l’essence de ces envies, leur motivation plus profonde m’apparait et j’essaie de mettre en oeuvre des changements plus modestes pour y répondre dans mon quotidien actuel. Mais en lisant cet article j’ai l’impression que ce sentiment est beaucoup plus important chez toi/vous (je ne sais jamais, je te/vous lis presque quotidiennement, mais on ne se connait pas. Drôle d’assymetrie des réseaux sociaux!). Je suis curieuse de voir comment va evoluer cette reflexion chez toi/vous.

  15. Bonsoir. Je trouve cet article et tous les commentaires très intéressants, bien que je ne sois pas dans cet état d’esprit de partir mais plutôt d’oeuvrer pour ma commune, dans l’association des parents d’élèves, à la bibliothèque, en tant que délégué à mon travail… (peut-être que cet état d’esprit évoluera d’ailleurs !)
    J’en ai besoin effectivement : de me rendre utile, de me sentir appartenir à une communauté… Je sais que je ne laisserai pas de trace mais que j’aurai apporté une contribution. Parfois c’est dur de voir l’évolution de notre société, mais si nous ne faisons pas entendre nos idées alors qui le fera ??

    Ce qui me semble fort dans ta présentation c’est que tu parles de ce qui te chagrine (école, naissance…) et d’un sentiment de tristesse ou de lassitude, mais assez peu de ce qui t’attire dans les pays scandinaves. Cette envie d’ailleurs me semble plus dictée par une envie de partir que par une envie de découvrir. Bien sûr ce n’est qu’un sentiment à la lecture d’un article, mais peut-être qu’une reflexion plus axée sur ce que tu recherches, toi et ton compagnon, sur ce qui vous motives, sur vos « objectifs » de vie… vous aiderait à planifier quelque chose ?

    (Est-ce qu’un « coach » ne serait pas pertinent pour un tel projet de vie ? Je pense que oui…)

    Je te souhaite d’avancer positivement dans tes aspirations !!

  16. Bonjour, je vous parle ici de Montréal, où il fait-15° avec 15 cm de neige à mi-novembre et jusqu’à avril prochain !
    Bon hormis l’hiver bien trop long (mais on survit), voilà 2ans que nous avons tout quitté pour vivre au Québec et on a le projet d’y rester encore quelques années. C’était ma réponse à un ras le bol total de la région parisienne, l’école française et la sensation de courrir en permanence. Ici on a découvert un rythme plus cool, un système scolaire bien plus cool.
    Mais l’éloignement avec les proches est très dur à supporter et nous donne régulièrement envie de rentrer.
    Si c’était à refaire… Je ne sais pas si je le referai. Car avec un enfant on ne peut pas se permettre de bouger dès que l’envie nous prend. Et sûrement qu’on aurait pu faire des arrangements dans nos vies quelque part en France sans être si loin de tous.
    Aurait on le confort et la tranquillité d’ici ? Je ne sais pas. Et c’est d’ailleurs ce qui m’empêche de repartir.
    Je ne sais pas si ça aide.
    Ps ici le français avec un anglais approximatif ça peut suffir. 😊
    Bonne réflexion
    Marie

  17. Je comprends complètement ton envie et je pense que les craintes que tu éprouves sont somme toute normales… Mais finalement, il faut savoir que beaucoup de pays scandinaves maitrisent à la perfection l’anglais et que meme si tu n’es pas très à l’aise avec, tu as forcément quelques petites bases. Et meme s’il est possible que tu n’aies jamais entendu parler le suédois, l’anglais reste une valeur sure 😉
    Je te souhaite en tous cas que ce projet prenne forme et que tu puisses murir ta réflexion.
    En tous cas, nous partageons cette meme envie d’ailleurs…

  18. bonsoir,
    j’ai vécu 4 ans en expatriation en Hongrie, avec une forte envie de découvrir un ailleurs, moins celui de fuir un présent. Aujourd’hui, je suis de retour en France depuis 8 ans et je peux donc parler de cette expatriation avec du recul.
    La découverte d’une nouvelle vie et d’un nouveau pays (et d’une nouvelle langue, le hongrois n’est pas plus facile à apprendre que le danois) était vraiment extraordinaire. Mais j’ai vite eu le mal du pays. Un truc tout bête : la nourriture. Au début, j’ai goûté à tout, ravie de ces nouvelles expériences culinaires et très rapidement, beaucoup de choses m’ont manqué. On pouvait trouver des produits français mais à un prix tel que c’était vraiment rare.
    Ensuite, grosses difficultés à trouver ma place dans la société hongroise (très très chauvine et un peu anti français à cause du traité de Versailles de 1919), pas le même univers, la même culture. Le milieu d’expatriés français m’a vite déçu, très tourné vers l’argent, le paraître, bref le pire de ce que je détestais en France. Et aucune possibilité de sortir de ce milieu …
    La culture française m’a énormément manqué : je lis beaucoup, je vais au théâtre, au cinéma. En Hongrie, impossible d’avoir cette vie culturelle, hormis les expo artistiques ou les concerts ou opéra (je ne lis pas sur tablette).
    Ma fille était scolarisée à l’école française (hors de prix dans les pays étrangers : 5000 euros l’année) et une école très élitiste, très classique et en même temps différente de ce qu’on trouve en France.
    Mon fils allait à la crèche hongroise : des choses intéressantes dans leur vision de l’enfance (pas d’apprentissage de l’écrit durant les années de maternelle mais jeux d’échecs, poneys, ski … ), mon fils parlait hongrois mais restait l’étranger …
    En Hongrie, comme dans les pays nordiques, il fait nuit à 15 heures (même fuseau horaire que la France, à l’est), jour à 4 heures en été, c’est déstabilisant. J’avoue que les mois de novembre / décembre / janvier étaient un peu déprimants à la longue. Nous avions de la neige de novembre à avril, chouette sur le papier mais au bout de 4 mois, j’en avais marre des bottes de neige !
    Voilà mon expérience, je ne la regrette pas car elle a été une vraie aventure, j’ai pu me confronter à l’inconnu (un déménagement seule avec mes 2 enfants et des déménageurs ne parlant pas autre chose que hongrois). Mais cette expatriation a aussi été le point de départ d’un malaise, qui s’est transformé en burn out en rentrant en France (burn out en lien avec mon boulot mais qui prenait terrain sur mes fragilités).
    J’apprécie désormais d’être en France car je sais que chaque pays a ses défauts (par exemple, en Hongrie, il est très mal vu qu’une femme reprenne le travail après la naissance d’un bébé, même chez la jeune génération qui se sent obligée de rester à la maison jusqu’aux 3 ans de l’enfant, du coup, aucune crèche publique, quelques crèches privées pour familles riches. Je sais que c’est pareil dans les pays nordiques parce qu’il y a un congé parental, j’avais une copine en Suède qui bossait et qui galérait pour trouver crèche ou nourrice ; les hongrois sont horribles avec les étrangers … )
    Bon courage dans ta réflexion.

  19. Je t’apporte mon retour d’expérience. Nous avons vécu dix ans en Allemagne. Nous y avons fini nos études, nous y sommes mariés, avons eu nos deux premières filles, y avons travaillé. Au fil des dix ans, nous avons eu des hauts et des bas. Une langue, ça s’apprend. Pour le quotidien, ça vient vite. Pour les démarches administratives et médicales, c’est plus compliqué, on a la sensation de ne jamais vraiment tout comprendre. Pour le système scolaire, c’est très perturbant, parce qu’on n’a pas grandit dedans, donc on ne comprend pas tout les non-dits, tout ce qui pour tout le monde est tellement ancré qu’on en parle pas. Découvrir un autre pays c’est formidable. Ces dix années nous ont transformés. l’Allemagne fait partie de nous pour toujours. Nous y retournons d’ailleurs au moins une fois tous les deux mois. Mais ce qui nous a épuisé à la longue, c’est l’éloignement avec les amis et la famille, le fait de « gaspiller » tous nos jours de vacances pour justement aller voir la famille et pas vraiment pour partir en vacances, ne jamais avoir de grand-parent sous le coude en cas de coup dur… Aujourd’hui nous sommes en Belgique depuis presque 3 ans. Une opportunité professionnelle… C’est plus facile, le français au quotidien c’est très très confortable. Mais là encore la famille est loin. On se reconstruit difficilement un réseau amical. Ça prend du temps ces choses là. Et puis nous pensons à moitié comme des français, à moitié comme des allemands. Alors nous nous interrogeons nous aussi beaucoup sur le système scolaire belge. Peut-être qu’un jour nous repartirons en Allemagne. Ou nous rentrerons en France veiller sur nos parents vieillissants. Pour l’instant on essaye de s’adapter à la vie là où on habite. S’entourer de personnes ayant les mêmes valeurs. Essayer de trouver le meilleur compromis pour la scolarité des enfants. Découvrir les merveilles naturelles de ce pays. Essayer de faire bouger les choses autour de nous – zéro déchet, écologie, voyage sans avion, meilleure alimentation, autoproduction de fruits et légumes… Et puis au moins tous les deux mois un weekend en Allemagne 😊. Bonne réflexion à toi, changer de pays en famille, surtout si c’est à priori pour du long terme, c’est tout un défi. Des embûches et de très belles expériences. Je vous souhaite de trouver l’équilibre, peu importe où.

  20. Si changement pour moi il y a, ça serait de me rapprocher de la montagne… Je comprends tes doutes et tes hésitations, surtout pour un changement aussi important. Peut-être que de le tester 1 an en prenant une année sabbatique par exemple peut vous permettre d’y voir plus clair, et de voir si vous voulez revenir à votre vie d’aujourd’hui, ou rester dans celle que vous vous serez construite la première année. Suivez votre intuition 😉

  21. Je pense que tu as un coup de blues passager et que tu idéalises beaucoup…
    Essaie de régler tes soucis avec l’école, ça revient tout le temps dans tes posts, ça a vraiment l’air de te peser.
    Quand à t’éloigner de ta famille de milliers de km je pense que tu n’as pas conscience de ce que c’est. Tes enfants sont très très souvent gardés par leurs grands parents et ca va vraiment vraiment vraiment te manquer si tu déménages loin…
    Penses aussi à l’inverse, les parents qui vieillissent et qui ont besoin qu’on les aide

  22. Bonjour Déborah,

    Je vais rejoindre Lilibulle et Cassonade comme témoin d’une vie ailleurs. Cette année, on fête nos 10 ans de vie en Tchéquie. Nous y sommes arrivés avec un bébé de 2 ans, histoire que mon mari se fasse une expérience, dans l’espoir d’avoir un poste (de prof d’université) en France 3-5 ans après. 10 ans et 2 filles en plus plus tard, nous sommes toujours en République tchèque, nous avons finalement construit notre vie ici (faute de trouver une place en France), avons appris la langue, scolarisé nos enfants sur place en local, avons construit un cercle d’amis et de copains, nous sommes adaptés au pays et à son rythme. Bien sûr, nous ne comprenons pas tout, comme disait Cassonnade, une langue ça s’apprend, mais il y a toujours des zones d’ombre. Le système scolaire, pareil, on s’adapte, on essaie de suivre, mais je vois bien que je n’ai pas les codes pour tout comprendre et envisager… J’ai aussi des hauts et des bas (en ce moment un bas d’ailleurs)… L’envie de rentrer et des fois l’envie de ne surtout pas rentrer ! Je suis heureuse de vivre cette expérience, même si ce n’est pas des plus simple, j’ai l’impression d’avoir maintenant une identité plus riche, plus complexe du fait de vivre dans un pays étranger. Il y a aussi, ça pèse, l’éloignement : des amis et de la famille mais aussi du pays de notre jeunesse… un éloignement à la fois géographique et temporel qui est étrange parfois à appréhender ou à expliquer…
    Je ne sais pas ce que va nous apporter la suite : après avoir eu la certitude que nous rentrerions en France, je vis maintenant au jour le jour, et qui sait, peut être qu’un jour ce sera… un autre pays encore ? La Tchéquie sera en tout cas toujours une part importante de notre histoire familiale.
    Je ne sais pas où vous en êtes dans votre réflexion de changement, si vous pouvez avoir l’opportunité de mutation ou de trouver un poste facilement, si vous voulez partir à l’aventure mais c’est un changement très impressionnant (surtout avec une famille) et beaucoup de bouleversements qui valent le coup de s’y pencher avant ! L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs, elle est d’un autre vert et parfois ça vaut le coup d’avoir la curiosité d’y goûter…

  23. Bonjour Deborah, j’ai enfin pris le temps de lire ton article. Comme toi parfois je rêve de partir vivre ailleurs..le Canada m’attire beaucoup… les pays scandinaves aussi mais la langue….parfois je rêve que mon conjoint me dise allez viens on plaque tout on s’en va…même changer de région je serais contente mais comme tu dis on resterait dans le même système politique qui me dégoûte de plus en plus….parfois j’aimerais carrément changer de culture et vivre en autosuffisance….moins de contraintes…plus de temps pour soi et sa famille… mais bon…le ferons- nous un jour ??

  24. J’ai beaucoup de mal avec la France et ce depuis toujours, il faut rentrer dans des cases et faire sa place est difficile quand justement on est hors case.
    Pour ma part je suis partie plusieurs fois en lâchant tout à chaque fois, La 1ère fois au Maroc où je suis restée 2 ans puis comme je n’allais nulle part, je suis rentrée en France pour repartir en Angleterre, retour quelques mois et direction le Kazakhastan (gros choc c’était en 1995 et c’était totalement soviétique mais les paysages étaient époustouflants), puis re-Londres.
    Je n’avais pas d’enfant et un chéri qui voyageait beaucoup, on s’arrangeait pour se retrouver à Paris tous les 2/3 mois.
    Et puis un jour les enfants, je me suis sédentarisée mais après le 2ème, à nouveau l’envie de quitter la France et départ pour la Chine, pendant 11 ans où pour la 1ère fois de ma vie j’ai eu l’impression d’avoir trouvé mes racines et puis retour en France (à Lyon), là encore le choc culturel dans toute sa splendeur, grosse déprime et puis passage à Paris et prochaine étape Singapour je l’espère.
    Mon envie de partir n’a jamais été générée par le système qui ne me convenait pas, plutôt par un sentiment de ne pas appartenir « not belonging » comme si je n’avais pas ma place en France, pas assez ouverte à la différence en général.
    Par contre une chose est certaine, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, je l’ai vérifié à de nombreuses reprises mais qu’est ce que ça enrichit (et paradoxalement ça éloigne des autres aussi, ceux qui n’ont pas bougé et qui ne comprennent pas).
    Pour les langues à apprendre, quand tu es sur place et que tu dois vivre tu apprends vite, tu n’as pas le choix et en 6 mois quelque soit le pays tu te débrouilles.
    Maintenant partir avec 3 enfants, ça demande de l’organisation et de la projection, un peu de moyens aussi pour vivre le temps de rebondir, mais si c’est un projet qui te tient à coeur alors ça veut la peine de consacrer des heures et des heures de travail/réflexion pour étudier sa faisabilité (ou pas).
    J’ai une amie finlandaise qui rêvait de venir en France (elle a 4 enfants de 4 à 15 ans), elle a pris un an de sabbatique, a vendu sa maison et est venue s’installer en France (personne ne parlait français), elle a fait ça comme un galop d’essai, pour voir si son rêve était à la hauteur tout en prenant un risque limité. C’est une option pas mal je trouve même si moi je préfère bruler les ponts.

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