Le confinement: A-t-on le droit de se plaindre?

Voilà exactement une semaine que les écoles ont fermées. Depuis les mesures se sont progressivement durcies vers le confinement strict. Téléphone et Internet ont dans cette situation retrouvés leur vocation première: celle du lien social. Je suis émue de constater à distance les différents élans de solidarité qui se multiplient depuis une semaine. Je suis en revanche plus sceptique au sujet d’une nouvelle censure émergente, celle de la plainte.

J’ai moi-même quelques difficultés en temps normal à supporter les plaintes d’autrui que je juge non justifiées… Comme beaucoup d’entre nous je suppose (enfin j’espère, sinon ça fait de moi une horrible mégère). Pourtant nous ne sommes jamais vraiment compétents à juger le mal-être ou l’inconfort d’autrui… en temps normal… mais alors plus en ce moment.

Je vous explique?

Je vois fleurir sur à peu près tous les réseaux sociaux, plusieurs posts attaquant les gens qui expriment leurs difficultés à vivre cette période.

Tu n’es pas malade alors sois heureux.

La première injonction, je la résume maladroitement à cette phrase. Elle détruit toute possibilité de plainte sous couvert de santé, or tout le monde est capable de s’estimer heureux de ne pas être malade, malheureusement cet état de fait ne lui permet pas d’être heureux de la situation. Il y a des personnes pour lesquelles cet enfermement est vraiment difficile. Et cela peut être pour des raisons diverses et variées. Il y a la solitude, le fait qu’être en permanence avec son conjoint, ses enfants, le fait de leur faire l’école… Et puis il y a aussi et surtout l’angoisse que ce virus suscite.

Tu as un jardin alors ne te plains pas.

J’entends ça ‘il y a une échelle de l’inconfort dans le confinement. J’ai aussi lu que le coronavirus mettait en lumière les inégalités sociales. Que les riches vivaient avec bonheur dans leur maisons de vacances tandis que les pauvres s’entassent en famille nombreuse dans un appart HLM.

Pour moi cette vérité qui semble incontestable n’est en réalité qu’une première lecture de la situation, et qu’elle est assez tronquée. Car, derrière les grandes clôtures des maisons bourgeoises, il y a, comme dans d’autres states de la population, des femmes qui se font battre par leur mari, des couples qui ne peuvent plus se voir, des cadavres dans les placards qui vont ressortir, des enfants maltraités, abusés… Je ne pense pas que le jardin va aider ces personnes a bien vivre ce confinement. A l’inverse, des familles unies et joyeuses vont survivre avec brio à cette épreuve dans leur 60m2. Alors certes, je suis la première à me réjouir de vivre dans une grande maison avec un jardin. Nous avons d’ailleurs expliqué aux enfants, à quel point ils avaient de la chance de vivre cet enfermement ici et pas ailleurs. Cela dit, je pense profondément que ce ne sont ni les maisons, ni les jardins, ni les richesses qui vont permettent en soi, de vivre cette période au mieux, ils vont juste permettent d’alléger matériellement la dureté de la situation.

D’autre part, les ressources sociales et intellectuelles n’ont pas de lien direct avec les inégalités économiques. C’est pourtant, de mon point de vue, ces ressources là qu’il va falloir exploiter, en décuplant de créativité.

Pourquoi on peut affirmer que le confinement est dur moralement et socialement?

Etre confiné, c’est un réel emprisonnement, et d’après moi il ne sert à rien de minimiser cette donnée. Oui, il y a toute une compréhension responsable et collective autour du virus qui permet de justifier la situation. C’est d’ailleurs, cette intellectualisation qui permet de le supporter. Je pense d’ailleurs que c’est un manque d’information, et de compréhension qui est à l’origine des réticences de certaines personnes qui n’arrivent pas à se justifier rationnellement cette privation de liberté. Je ne suis donc pas certaine que le pointage du doigt soit la manière la plus indiquée de parvenir à un changement de comportement, la pédagogie serait probablement plus adaptée.

Le besoin de mouvement

Le cerveau est un accessoire dont se dotent les êtres vivants qui ont besoin d’échapper à certaines situations et donc de savoir se déplacer, innover, inventer, dans un but de survie de l’espèce pour la plupart… dans un but inverse pour l’être humain… Oh ça va c’était facile! On va dire que pour les humains c’est plus complexe, car leurs cerveaux remplit des fonctions diverses et variées…. Mais l’utilisation première reste celle du mouvement, du déplacement physique ou mental. En gros, cela signifie que nous avons réellement besoin de mouvement, que ce soit du pur déplacement jusqu’à la projection dans le futur. Or le confinement nous prive de ce qui nous apparaît comme les formes les plus évidentes de mouvement.

Il faut donc réellement prendre cet immobilité en compte pour comprendre la difficulté psychologique qui découle du confinement.

Par chance le cerveau humain déborde de ressources, et après l’inconfort premier de la situation, une nouvelle créativité va pouvoir apparaître pour satisfaire les besoins de stimulation du cerveau. Mais pour cela, il est nécessaire que la personne se soit dégagée de ces craintes et angoisses et donc qu’elle se soit plainte si cela est utile pour elle.

Le besoin social

L’humain est un être profondément social, il ne peut se construire et exister qu’au contact d’autres individus. Ce manque de sociabilité peut donc avoir des conséquences réelles sur le moral. Alors oui il y a le téléphone, les mails, les réseaux sociaux, et c’est à nous de travailler à être disponibles pour nos proches et tolérants sur les réseaux sociaux. Là encore, le plus dur n’est pas nécessairement là où l’attend, parfois une personne seule dans son studio va le vivre avec plus de recul et de facilité qu’une personne entourée. Pensons tout de même à prendre particulièrement soin, notamment en les appelant des personnes les plus vulnérables autour de nous et tout particulièrement les personnes âgés.

L’atmosphère particulièrement anxiogène

J’aimerais également que les conséquences de l’angoisse soient mesurées à leur juste valeur. Il ne s’agit pas de vacances à la maison comme certaines personnes veulent nous le faire croire, et ce, même si on a un grand jardin. Nous avons tous dans notre entourage plus ou moins proche des personnes à risque, du personnel soignant, des personnes qui continuent à travailler, voire à se rendre à leur travail en transport en commun. Nous avons le droit d’être inquiets, de faire des insomnies (comme je l’ai beaucoup lu ces derniers jours sur Instagram). Cette crise sanitaire est anxiogène, et tout participe à attiser: l’actualité, les témoignages, les différents manques de civilités, la peur pour notre entourage, pour nous-même, pour nos projets…

La soif de libertés

Je me souviens de mon indignation lorsque j’entendais que les prisonniers n’étaient pas si mal lotis avec le promenade et la télé dans leur cellule. Ce dont on prive les prisonniers c’est de liberté, et c’est ce que nous expérimentons aujourd’hui. Nous sommes entravés dans nos désirs, nous français, biberonnés à la liberté comme droit fondamental… Alors il nous en reste, bien heureusement, notamment celui de s’exprimer, de créer, mais avouez que ce n’est pas nos libertés les plus familières.

La charge mentale au plafond

Ne sous estimons pas non la charge historique qui occupe le mental des parents (et tout particulièrement des femmes!), qui vont devoir tout gérer, de l’école à la cantine, en passant par les activités et gestions de conflits et négociations en tout genre, sans aucun soutien extérieur possible. Et tout en devant gérer l’intendance habituelle, évidemment. Il faut rester très vigilants auprès de ces parents qui verbalisent ouvertement des difficultés, car ils auront plus besoin d’aide et d’écoute que de culpabilisation supplémentaire.

Ce que cette crise peut nous apprendre sur nous et sur la société?

J’ai de grands espoirs en la prise de conscience qui peut s’opérer après une telle crise… mais j’ai aussi de nombreux doutes.

Ce que nous pouvons d’ores et déjà travailler c’est notre vision de l’autre, et cesser de présupposer son moral, son comportement en fonction de données factuelles. Arrêter de penser ce que les autres doivent ressentir, et enfin les écouter réellement et développer ses compétences emphatiques. Je crois que nous avons tout à y gagner, car je suis persuadée que ce que le coronavirus met en perspective ce n’est pas les richesses matérielles, mais bel et bien les vraies richesses, celles qui nous nourrissent, qu’elles soient amoureuses, familiales, créatives… Je pense que c’est ce que les français vont expérimenter lors de ce confinement, c’est le face à face avec le sens de leur existence. Et là, je vous l’assure, nous sommes tous sur un pied d’égalité quelle que soit nos ressources matérielles. C’est le moment parfait de revoir ses priorités et d’apprendre à lâcher prise.

Mon espoir est donc une prise de conscience générale sur la vie, sur le monde du vivant, sur la planète, sur les conséquences de nos actions, sur ce qui a du sens pour nous.. J’ai même l’optimisme de croire que ça pourrait être l’étincelle du changement climatique et écologique.

Mais il y a aussi le risque que les français frustrés, malheureux du constat de leur existence, au sortir du confinement, se réfugient dans la consommation. Puisque c’est là le moyen d’accès au plaisir immédiat que nous connaissons le mieux. Qu’ils se vengent en programmant des dizaines de voyages, un changement de voiture, ou que sais-je d’autre. Il y a aussi l’élan politique qui va attendre de nous que nous compensions cette baisse de croissance historique et toute l’angoisse liée à la crise économique qui va nous rattraper.

Conclusion

Pour répondre à la question du titre: un grand OUI!

Ont le droit de se plaindre:

  • Le personnel soignant qui est en première ligne et qui subit les réductions humaines et matériels des différents gouvernants qui ont rogné sans scrupules sur le service publique. J’espère que les français se souviendront de cet épisode et de leur solidarité avec l’hôpital public dans le futur.
  • Les malades, car c’est toujours injuste
  • Les employés de grande surface qui croisent des personnes qui toussent à longueur de journée
  • Les commerçants et artisans qui ont peur pour l’avenir
  • Les personnes seules
  • Les personnes en appartement
  • Les enfants qui ont peur de voir un leur parents partir travailler dans ces conditions
  • Les parents
  • Les femmes, enfants et hommes battus (et oui il y en a)
  • Les personnes vulnérables
  • Les personnes qui ont peur
  • Les couples qui ne s’aiment plus
  • Ceux qui attendaient un voyage qui doit être reporté
  • Ceux qui n’arrivent pas à se faire rapatrier en France
  • ET AUSSI TOUS LES AUTRES

J’espère que lorsque nous aurons eu l’espace d’exprimer nos craintes et difficultés, lorsque nous aurons été entendus et soutenus, nous aurons l’énergie et les ressources pour rebondir, et trouver le joli et le positif au milieu de cette crise.

Alors, comment allez vous?

26 réflexions au sujet de « Le confinement: A-t-on le droit de se plaindre? »

  1. Nous, ça va très bien dans nos 47m² à trois. J’attends simplement le rdv salvateur chez mon dentiste quand on sortira du confinement. J’ai pu avoir une ordonnance pour camoufler la douleur, mais c’est un leurre. Fin du traitement et retour de la douleur. Sans intervention, elle ne partira pas. Mais dans d’autres pays, je n’aurais eu ni traitement ni soin.

    Je pense surtout que sont à plaindre tous ceux qui se plaignent car c’est la première fois qu’ils sont contraints et qu’ils n’ont jamais eu de caillou dans la chaussure et ne mesurent pas leur chance de « rester à la maison » alors qu’ils vont bien.
    Maladie longue durée, femme enceinte alitée, personne en fauteuil dans des logements inadaptés … personne ne les plains en temps normal, et là il faudrait plaindre ceux pour qui ne pas boire un verre en terrasse est insurmontable, ni aller en famille faire du shopping.

    En ce lundi, je n’en peux déjà plus des « bon courage » (adressés bien souvent à des personnes pour qui le risque est plus que limité car pas en première ligne, qui tournent en rond devant la télé). A croire qu’on a tous rdv pour une dialyse … non, non, juste se planter chez soi avec au mieux un documentaire culturel. Les vrais courageux sont ceux qui n’ont pas le choix de risquer la contamination.

    1. Moi aussi j’ai une dent très infectée à faire soigner et mes rendez-vous ont été annulés…
      Penses-tu réellement être en mesure de savoir qui le vis le plus mal? Peut être qu’une personne riche et en bonne santé est actuellement en grande détresse psychologique, alors qu’une personne en fauteuil roulant en appartement est actuellement dans un état de forme et de moral normal compte tenu de la situation?
      Le but de cet article c’était justement d’écouter réellement la souffrance sans continuellement la juger. Sans culpabiliser les personnes que nous ne jugeons pas légitimes à être anxieux ou tristes….
      J’aimerais que cette crise nous apprenne au moins ça…
      Car là plus les jours passent et plus les personnes se divisent, alors que ce n’est absolument pas utile selon moi

  2. Moi je me plains……… parce que je suis pharmacien donc je bosse et que je n’en peux plus d’entendre les gens se plaindre qu’être enfermé c’est dur.
    Oui bon déjà vu le nombre de gens qui « promènent » avec le chien / le pain / le journal quand je pars bosser le matin tout le monde n’est pas enfermé loin de la
    Ensuite y’a ceux qui viennent à la pharmacie parce que c’est ouvert…. ceux qui viennent voir du monde… ceux qui viennent se défouler sur quelqu’un… ceux qui ne trouvent plus de drogues (les frontières fermées et les rues vides ca gêne le trafic) … ceux qui ont peur de tomber malades (mais reste chez toi bordel)
    Donc bien arrêtez de vous plaindre d’être confinés, tout en applaudissant le soir pour se donner bonne conscience, faut pas exagérer c’est super égoïste je trouve

    1. Tu as absolument raison de te plaindre, ton travail est difficile et la position que tu dois occupé actuellement a quelque chose d’injuste face à d’autres personnes qui n’ont plus à sortir de chez elles. Il est important que tu trouves l’espace de parole nécessaire pour t’alléger de ton inconfort du moment.
      Malheureusement nous ne sommes personne pour juger le mal-être des autres, peut être faut-il juste l’accepter et l’écouter, sans systématiquement vouloir le juger. Qu’en penses-tu?

      1. Je n’arrive pas à comprendre ou est le soucis, quel est le mal-être qu’on puisse éprouver à suivre l’injonction de « rester en sécurité et à l’abri » ????
        C’est si difficile que ça ? La mort rôde on vous abrite et cela ne vous suffi pas, je pense qu’il faut remettre les choses en perspective sur les vrais enjeux du confinement
        Plus de 800 morts en Italie en seule journée, ca ne représente rien pour vous ?

        1. A aucun moment je n’ai dit que je cautionnais les comportements à risque et autres incivilités.
          Je dis juste que les gens ont le droit de se plaindre d’être confinés… Pas qu’ils ont le droit de mettre d’autres personnes en danger

          1. oui c’est ce qui est choquant pour moi : on vous offre la possibilité de rester en securité mais ce n’est pas suffisant « on a le droit de se plaindre d’etre confiné »
            Se plaindre de quoi ? d’avoir ete mis en sureté ?
            Si il y avait un vaccin ou un traitement, vous pourriez prendre le risque de sortir mais là, rester chez vous à l’abri est un luxe dont vous ne vous devriez pas sous estimer la valeur…

  3. Ce qui me gène c’est cette injonction à y voir une opportunuté / du positif / une source d’apprentissage / à en sortir grandi.
    Et je suis d’accord on peut aussi dire que c’est dur pour telle ou telle raison (surchage de travail tout en devant gérer l’école les repas la promiscuité…)
    Poser des mots pour repartir parce qu’on n’a pas le choix et qu’il faudra tenir bon.

    1. Je crois qu’il n’y a pas d’opportunité à y voir, tu as raison, chacun se justifie cette situation à sa façon mais ce n’est en aucun cas une vérité générale.
      J’aimerais que cette crise nous apprenne à nous respecter et nous écouter et là de jours en jours j’ai l’impression que les fossés se creusent entre différentes populations et ça me rend très triste.

  4. Merci pour cet article.. Je suis en train de divorcer, nous cohabitons depuis son annonce début Janvier.. mais je ne me plains pas.. Je pense aussi à ces femmes battues ou enfants torturés, violés..
    Je sais malheureusement qu’il a pire dans la vie pour l’avoir vécu..
    Après j’avoue que ça n’est pas simple mais nous sommes en vie et c’est l’essentiel.

    Bon courage à tous ! Et protégeons nous en restant chez nous !

  5. Oui, on a le droit de « se plaindre ». Et le droit de refuser la plainte d’autrui.
    Peut-être apprendre à se/le lui dire clairement : je n’ai pas envie/ne suis pas disponible/me sens submergée par ta plainte… Plutôt que « oh arrête, y’a pire » et autres « tu n’est jamais content.e » ?
    Peut-être faire le tri dans ses relations, apprendre de soi, mettre certaines personnes à distance (ça tombe bien, on est confinés ;)) ?

    En ce moment, c’est dur pour nous. Ce n’est pas le confinement en tant que tel, mais ses conséquences qui sont très lourdes pour nous.
    Je suis surprise par le peu d’empathie qui m’est offert, même pas des amies (pas toutes !). On me dit en effet « ça va, vous n’êtes pas malades, vous avez quand même un toit ». Oui, bien sur… mais c’est un peu comme si je parlais d’une période difficile et qu’on me disait « oh écoute, il y a des gens qui meurent de faim ». Oui, j’en ai bien conscience, mais la comparaison n’a pas lieu d’être. Elle n’allège ni leur souffrance ni ma peine. Elle permet juste à la personne à qui je parle de me dire disrétos « tais-toi, ta peine me dérange ». Ben dis-le alors, assume-le et revoyons notre relation…

    Merci Debhora pour tes écrits qui font réfléchir et permettent d’échanger. C’est un plaisir et un enrichissement de te lire et je suis bien heureuse que tu existes !

    1. Moi oui on a le droit de ne plus être disponible pour écouter l’autre! Tu as complètement raison
      Et en le verbalisant ainsi c’est tellement plus constructif qu’en jugeant l’autre dans ses émotions.
      Tu as le droit de trouver ça dur, sans te comparer aux pires situations, sans comparaisons du tout d’ailleurs!
      Merci pour ton mot et bon courage à toi

  6. Très belle analyse, comme d’habitude ! J’espère aussi de tout coeur que cette crise permettra à chacun de se regarder en face et de voir qu’on a au fond de soi les moyens de changer de façon de vivre. Mais en même temps… J’entends beaucoup de gens se projeter après le confinement en pensant continuer comme avant. Je me demande bien comment alors un changement pourrait se produire. Va-t-on renoncer aux voyages en avion ? Aux jouets en plastique ? Aux grosses voitures polluantes ? J’aimerais bien, mais j’ai du mal à y croire…

  7. Bonjour,
    Je suis (très) peu utilisatrice des réseaux sociaux, je lis des blogs mais sans jamais commenter… Il faut un début à tout ! Je suis sage-femme dans une grosse maternité d ile de France, j ai 3 enfants (7, 5 et un an dans 2 jours), je vis en appartement avec un mini balcon mais la résidence à un square où les enfants peuvent aller courir et où le petit dernier continue à profiter des découvertes (petites fleurs dans l herbe, pomme de pin…) loin de l agitation générale.
    Je ne me plains pas, nous nous aimons et nos conditions pourraient être plus difficiles (Plus faciles aussi certainement, mais c est ainsi donc je ne vais pas rêver de ce que nous n avons pas), deux proches sont en réanimation, cela aide aussi à relativiser…
    J aime profondément mon travail, même s il se complique en ce moment… premiers cas de patientes atteintes et volonté de maintenir la joie et l émotion intactes dans cet instant de grâce qu est une naissance…
    Je ne sais pas ce qu il ressortira de cette crise, je l espère une compréhension (enfin!) que la santé publique ne peut être soumise (et victime) des lois économiques… et à titre très personnel j espère que nous découvrirons Amsterdam et Texel dans quelques mois… puisque confinement oblige nous renonçons à cette découverte en famille (et Dieu sait que ce projet nous tenait à coeur, j avais déjà imaginé ses premiers pas dans le sable…)

    Pensées pour toutes et tous…

    1. Je suis super flattée de ce commentaire si ce n’es pas dans tes habitudes!
      Nous rêvons à un grand voyage pour cet été dont la moitié est booké… j’ai arrêté toutes mes démarches et recherches, ça me rend triste de me sentir privée de projet. J’espère que rien ne sera reporté en tout cas!
      Tu as lu mes articles sur les Pays Bas?

      1. Oui ! Amsterdam c était pour aller voir des très bons copains, Texel c est vous qui m aviez donné l idée et fait rêver avec vos photos… nous ne sommes pas des grands voyageurs, nous visitons des coins de France habituellement (coup de coeur pour le massif des Cerces et l ile de Batz!) , là c était l occasion parfaite pour découvrir une nouvelle île!

  8. Le confinement va nous permettre je l’espère de prendre conscience que tous les acquis avec les quels nous avons vécu ne sont finalement pas si acquis que ça et que l’on peut trouver des solutions. Finis le click Amazon prime. Je suis en télé travail à Lyon (je bosse à Paris normalement une partie de la semaine), mon mari lui est confiné sur Paris. L’éloignement du fait de l’absence de quotidien a grandement amélioré nos relations, on ne se prend plus la tête sur des détails de pourquoi il ne peut pas mettre ses chaussettes à l’endroit dans le panier à linge sale ou pourquoi je ne supporte pas les trucs qui trainent. Et pour moi le grand positif c’est que cela m’a vraiment rapprochée de mes 2 ados. Nous faisons partis d’une génération qui n’a jamais connu ce type de situation, la restriction de nos libertés. Sortir de chez soi et être controlé, devoir se justifier etc…
    J’ai refusé de faire des stocks et oui 4 jours sans PQ c’est pas glamour mais cela a occasionné bien des éclats de rire quand même, plus de litières pour les chats là c’était plus problématique mais passer du temps sur internet pour trouver des solutions alternatives ensembles finalement ça rattrape tous les désagréments. Depuis une semaine je suis en confinement stricte à savoir interdiction totale de sortir car une de mes collègues est malade. En attendant ce sont mes ados qui se collent aux courses quand il faut sortir et quand mon fils rentre en me disant « y’avait pas de choux frisés regarde j’ai même pris en photo » et qu’en gros plan figure ledit chou je rigole doucement car pour lui c’était un chou gaufré.
    Bien entendu on se plaint, nous ne serions pas français sinon mais nous faisons aussi la part des choses.
    Ce confinement nous confronte à nous même et c’est pas mal je trouve puisque en temps ordinaire nous ne le faisons pas vraiment. Réapprendre à vivre 24/24 ensembles (une partie de la semaine ils sont seuls).
    Nous allons tous bien et dieu merci pas de problème dentaire, il fait beau et quand ce sera derrière nous, pas de nouvelle voiture ou de grand voyage mais une grande ballade sur les quais de Saône pour RESPIRER et une énorme soirée avec nos copains pour lâcher la bride. En espérant que quelque part nous en sortirons grandis.
    Chaque personne est unique et on ne peut pas généraliser les fonctionnements. Moi je focalise sur les cotés positifs et j’apprends à vivre avec le négatif parce que nous sommes en confinement et pas en état de guerre.

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