La vie simple en famille: vadrouilles et fait-maison

Les parents décomplexés du drame

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C’est ma copine Siham qui nous décrit comme ça: « des parents décomplexés du drame », je ne sais pas trop si c’est un compliment, peut être pas d’ailleurs… mais moi je l’adore cette description car elle nous colle complétement à la peau.

Avant d’avoir des enfants, avec mon amoureux, on discutait souvent des parents qu’on voulait être, on se promettait de continuer à bouger, mais aussi de s’aménager du temps juste à deux. On se répétait qu’on voulait inculquer le respect et la tolérance et qu’on accepterait pas que notre maison devienne une halte garderie… Mais s’il a bien une chose dont on n’a jamais discuté  c’est si l’enfance était dangereuse.

Pourtant aujourd’hui, j’ai l’impression que tout est devenu dangereux pour les enfants. Et je suis sure que vous voyez ce que je veux dire, parce que vous avez surement entendu (ou prononcer) des remarques plus ou moins agréables quand votre enfant saute dans les flaques, quand il remonte le toboggan à l’envers, quand il sort sans gants, quand il descend les escaliers tout seul, quand il regarde les abeilles, quand il court dans une descente, quand il fait du vélo, quand il joue sous une gouttière, quand il court en tongs… et la liste est longue.

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Un jour alors qu’on montait à pied récupérer Roméo à l’école Mona a trouvé un grand bâton, elle était toute fière et le tenait fermement contre elle comme un véritable trésor. Quand nous sommes arrivés devant la porte de l’école, deux mamans ont exigés d’elle qu’elle pose ce bâton parce que c’était dangereux, j’ai juste répondu que je ne voyait pas le mal et que je l’autorisait à le garder.

Un autre jour, alors que nous étions au parc Roméo a décidé de descendre de la structure en élastiques en glissant le long du mât central, c’est vrai que je ne pense pas que c’était prévu à cet effet mais il ne gênait personne. Une maman s’est alors adressé très fermement à son fils en lui disant « Que je ne te vois pas faire ce que fait ce garçon (mon fils), j’ai pas envie que tu meurs, MOI! »

Un autre jour alors que Mona descendait des escaliers avec des jouets dans les mains et que j’étais à côté, une maman a accourut en lui demandant si elle avait besoin d’aide.

Un autre jour, alors que Roméo faisait du vélo dans un parc et que je le surveillait de loin un maman m’a interpellé en me criant dessus et en me disant que j’étais inconsciente de le laisser s’éloigner de moi.

Un autre jour quand Roméo est tombé d’une structure de jeux, j’ai attendu de le voir se relever pour me lever le réconforter, tandis qu’une maman a bondit sur lui paniquée en me lançant un regard froid qui me laissant entendre que j’étais inconsciente.

Aujourd’hui ces remarques et ces regards me coule dessus sans m’atteindre, car je suis en paix avec mes choix de maman.

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Je sais que derrière chaque mère (et derrière chaque père) il y a un individu avec ses propres angoisses et ses propres limites, je comprends bien que tout le monde n’ait donc pas les mêmes zones de tolérance concernant ce qui est sur et ce qui ne l’est pas pas. Mais par contre ce que je pense très fort c’est qu’être enfant c’est jouer, expérimenter, prendre des petits risques, et même se faire mal parfois, ce n’est que mon avis bien sûr et je sais que d’autres ne le partage pas, je sais que certaines mamans que je croise à la sortie de l’école ou au parc me voient comme une mère pas assez protectrice ou carrément inconsciente (pas toutes heureusement). Pourtant au contraire, moi j’ai l’impression d’être exactement à ma position de maman, je suis celle qui doit sécuriser leur périmètre de vie, leur donner des cadres et des limites pour qu’ils s’épanouissent librement à l’intérieur. Mon rôle c’est de faire en sorte que s’ils tombent ce ne soit pas trop grave mais pas de l’empêcher de tomber… vous voyez la nuance. Je n’intellectualise pas cette démarche, ce n’est pas une position éducative dérivée de tel ou telle mouvance, pour moi c’est juste du bon sens.

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Pour moi être enfant c’est jouer, toucher, goûter, expérimenter. C’est lécher la cuillère de la pâte à gâteau et en faire couler sur ses habits, c’est marcher pied nus dans l’herbe et même dans la boue, c’est avoir tellement jouer dans le sable, qu’on a retrouve dans le slip au moment de la douche. C’est courir dehors et avoir les jambes qui s’emballent dans les descentes, ramasser des herbes et se piquer avec des orties. C’est ne pas résister à l’envie de se baigner à l’imprévu et rentrer sans slip sous son short. Mais c’est aussi des enfants qui glissent dans les escaliers, qui ont les genoux écorchés, et du fromage blanc séché derrière les oreilles. C’est faire des bêtises et se faire disputer, c’est faire des erreurs et apprendre. Je ne leur dit jamais « Ne fais pas ça tu va tomber », je leur dis « sois prudent tu pourrais tomber. » Et s’ils se font vraiment mal, est ce que ça sera forcement de ma faute? Je n’ai pas envie de leur faire croire que le monde est dangereux et que s’échapper de la routine est grave, au contraire j’aimerais qu’ils se sentent libres d’évoluer dans leur monde sans angoisses…. au moins tant qu’ils sont enfants, tant que c’est encore possible. C’est mon rôle je crois de préserver cette insouciance.

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Qu’est ce que vous en pensez? Est ce que vous vous sentez jugé par les remarques des autres? Quel genre de parents êtes vous?

Ce billet a été écrit après la lecture de deux articles qui m’ont interpellés et que je vous invite à lire: celui de Galex la fée et celui de Maman Louve, qui parlent toutes les deux très bien de insouciance de l’enfance.



85 thoughts on “Les parents décomplexés du drame”

  • Bonjour, encore une fois j’adore ton article, il résonne en moi comme un écho. Je suis aussi partisane tu « laissez-faire » tout en restant respectueux des autres. J’aime qu’elles découvrent par elles même les petits plaisirs et qu’elle fasse leurs expériences agréables ou non (dernièrement la petite a goûter une crevette avant d’être décortiqué mais a aussi découvert les joies de marcher dans les vagues et tant pis si les vêtements étaient mouillés…. de toute façon les miens l’étaient aussi…lol)
    J’aime avoir ses petits moments de folies ou on fait des grimaces ou des blagues à papa…
    Bref… je partage ton point de vue. Moi aussi je suis une décomplexé du drame et ça ne s’applique pas qu’à mes enfants mais aussi à ma vie en général. Je suis reconnaissante de ce que j’ai et les petits « pépins » de la vie nous permettent simplement d’avance.
    Bon j’arrête de raconter ma life et je te souhaite un excellent week-end. Chez nous ce sera kermesse samedi après-midi et ça se poursuit le soir avec un repas champêtre et un bal populaire. Une vrai fête de village… j’adore…
    Des bises

  • Oh mais complètement !!! Je me sens aussi « décomplexée du drame ». A vrai dire je n’ai jamais peur. Et pourtant mon N°2 est un vrai casse coup.
    Chez nous il y a 2 étages, nous avons fait le choix de ne pas avoir de barrière d’escalier (nos parents respectifs ont cru mourir quand on leur a dit ça) mais nous sommes partis du principe qu’avec une telle maison, il fallait qu’ils sachent monter et descendre les escaliers !
    Je ne suis pas non plus une accro à la lingette désinfectante à la moindre sortie au parc. Ils ont le droit d’escalader et de s’enterrer dans le sable …
    Et j’ai 1 règle sécurité non négociable « donner la main pour traverser » qui petit à petit devient « bien regarder à droite et à gauche avant de traverser ». Nous habitons en ville prêt d’un axe assez fréquenté.
    Et, j’avoue être quand même intervenue mercredi dernier mi amusée-mi dégoûtée quand j’ai trouvé mon petit (2 ans 1/2) en train de manger une frite qu’il avait trouvé dans une boite de kebab abandonnée …

    • J’ai trop rigolé pour la frite, c’est complétement le genre d’action que sont capables de faire les miens, là aussi je mets un véto!! Et pour les escaliers même politique ici que chez toi.

  • Comme souvent ton article fait écho en moi! Je laisse mon arbrisseau vivre ses expériences, les escaliers n’ont jamais été un interdit pour moi par exemple. Au contraire plus tôt il les apprivoise, moins il y a de dangers. Mais j’avoue que parfois quand je vois certaines mamans réagir quand leurs enfants tentent un nouveau truc, je me suis laissée surprendre à aller dans leur sens pour faire « bonne maman ». Aujourd’hui c’est terminé, je vois combien l’arbrisseau est bien dans ses baskets, sans pour autant se mettre en danger.

  • Ooooh mais comme tu as trop raison!!!! Je suis entièrement d’accord avec toi. J’ai aussi eu des remarques sur le doudou qui traine par terre et que mon fils remet dans la bouche (tant mieux pour le système immunitaire!) ou le fait qu’il soit allongé par terre dans le sable ou qu’il mange l’herbe…bref laissons les vivre et expérimenter, ils ne s’en porteront que mieux et n’auront pas peur de tout!

  • super cet article ! Je me retrouve dans certaine situation mais pas dans d’autre …au parc je suis en générale la maman qui reste à coté du jeu, qui va aider les enfants à se relever (mais je ne regarde pas la mère d’un œil mauvais !). Par contre, j’ai déjà subi le mauvais regard d’autrui. Nous habitons en Auvergne, nous nous promenons souvent dans la chaine des puys. L’été il y a des troupeaux de moutons en libertés, mes filles ont l’habitude des moutons et des randos, il n’est pas rare qu’elles nous précèdent. Un jour, nous avons croisé une famille, la mère m’interpelle affolée en me demandant si ce sont mes enfants en avant. Oui que je lui répond, et là paniquée elle me dit qu’il faut que je cours car il y a un très gros troupeaux de moutons, que c’est dangereux. Je rigole et lui dit qu’il n’y a pas de soucis, mes filles ont l’habitude ….le regard de cette femme, je me suis sentie la plus mauvaise mère du monde ! nous avons retrouvé les filles assissent à caresser un agneau ! Je pense que si cette même femme me voyait au parc, elle rigolerais de me voir rester à coté du jeu. Ses propres angoisses, ses propres limites tu l’as dit très justement ! merci

  • Hélas je suis totalement d’accord avec toi… les gosses ne peuvent plus rien faire aujourd’hui. Par exemple à l’école, un môme s’est fait mal sur un banc, et plutôt que de lui apprendre a faire attention, les parents ont menacé de porter plainte si le banc n’était pas retiré. Résultat : plus de banc… ! Ou encore, au parc, combien de fois j’entends : ne joue pas comme-ci, comme-ça, tu vas te salir… Et tu vois le pauvre gosse habillé tout en blanc style magazine… ! Nous on est cool, tout en faisant. Après chacun sa façon de penser, mais dans ce cas, qu’ils les gardent pour soi !

  • Pareil pour moi !! Mes enfants 3 ans et demi et 14 moi et j’ai toujours été partisane de les laisser tester et essayer. Depuis ses 15 mois mon grand sait monter et descendre seul les escaliers, on a passé des vacances avec des amis traumatisés, qui se mettaient systématiquement derrière lui au cas où… il faut dire que nous avions de escaliers dans chaque pièce dans notre ancien appartement mansardé, donc difficile de tout interdire, il a plutôt s’agit de lui apprendre. Il grimpe en haut des structures de jeux (toile d’araignée et autre) alors que des plus grands n’ont pas toujours le droit d’essayer etc.. Il faut dire qu’il a toujours été prudent et connait ses limites, mais c’est plus compliqué avec la petite soeur. On est obligé de la surveiller plus car elle n’a aucun sens du risque et a nettement plus de bleus ! Elle fait du tobbogan seule mais tête en avant ! Je trouve que les enfants qu’on ne laissent rien expérimenter sont beaucoup plus timorés et peureux que ceux qui ont pu essayer, rater et recommencer sous le regard des parents (on est pas des sauvages quand même, bien sûr qu’on surveille), mais surtout grâce à la confiance qu’on met en eux. J’ai effectivement quelques regards étonnés et d’autres mamans qui accourent plus vite que moi, mais ça me fait plutôt rigoler 🙂

  • J’adore ta façon de penser. Tu as tout à fait raison, c’est comme ça qu’il faudrait faire. Mais je sais qu’en tant que tatie ou marraine, je suis trop protectrice. Mais sûrement aussi parce que ce ne sont pas MES enfants et que pour le coup, je m’en voudrais qu’il leur arrive qq chose lorsqu’ils sont sous ma responsabilité.
    Par contre, je ne me permettrai jamais jamais jamais d’intervenir comme le font toutes ces personnes que tu décris.

  • C’est un chouette article et j’admire ta philosophie.
    Mais de mon côté je serai bien incapable d’un tel lâcher prise. Je suis celle qui stresse pour tout. Je me remets à peine de l’apprentissage de la marche et des nombreuses bosses qui vont avec. Le fait qu’il ait appris à monter sur le canapé a été un drame (j’ai mis des coussins en dessous pendant deux jours jusqu’à ce qu’il sache descendre). Faut dire aussi qu’il est petit 19mois et plein d’énergie. Mais je me soigne, je le garde toujours au coin de l’oeil mais je serre les dents quand je le vois courir (et il court tout le temps). Mais cela dit dans la famille je suis la plus cool car mon compagnon passe son temps à dire ‘attention’ et à interdire au petit de se mettre debout sur le canapé ou dans la baignoire de peur qu’il ne se blesse . Enfin bon, mon fils n’a pas l’air traumatisé pour autant et il remonte les toboggans à l’envers.

  • Tiens, allez pour une fois je vais laisser un commentaire. Ça me surprend toujours de voir à quel point les mamans se sentent jugées par les autres, en ont marre des remarques et commentaires qu’ont leur fait sur l’éducation qu’elles donnent… Et je me pose alors des questions sur moi… J’ai deux petites filles et je n’ai jamais été heurtées par des remarques désobligeantes. Est ce que parce qu’on ne m’en fait aucune, ou parce que je n’y prête pas attention, ou que ça me fait doucement rigoler ? Je pense qu’au fond ça ne m’atteint pas et qu’effectivement je ne surveille pas tous les regards peut-être réprobateurs que l’on pourrait me jeter. Ou alors c’est que je suis une maman irréprochable, hum hum j’ai de gros doutes. Apparemment le sujet des flaques d’eau soulève des indignations. Parfois l’exagération dédramatise la situation. Ça me rappelle qu’une fois (en été je précise) j’étais au parc avec une amie qui avait aussi 2 enfants. On les a laissé jouer sans trop se soucier d’eux. Ils ont donc fait un carnage dans une flaque de boue. S’ils étaient tombés dans une marre le résultat aurait été identique. Ils étaient tellement dégueux et couvert de boue (plein sur la figure, dans les cheveux…) qu’au final ça amusait les passants. Et tous les gens qu’on a croisé sur le chemin du retour rigolaient en les voyant. Et nous on rigolait aussi tellement… Je suis aussi du genre à ne pas essayer de les brimer tout le temps, mais j’avoue qu’en plein hivers, je fais la mère reloue qui crie pour ne pas qu’elles marchent dans les flaques, car je pense aux godasse qui seront détrempées et encore mouillée le lendemain… Difficile parfois de leur laisser le champs libre quand on sait qu’après il va falloir tout laver, nettoyer… Mais moi j’ai énormément de souvenirs de « l’innocence » de mon enfance et je me dis que c’est peut-être pour ça que je suis plus « laxiste » que d’autres. Et je me dit que les mères trop protectrice n’ont peut-être dans leur enfance jamais eu la permission de courir sous la pluie juste pour le plaisir, dès lors comment peuvent-elles savoir la joie que cela procure ?

    • Je suis totalement d’accord avec toi, sur le fait que ce plaisir à preserver l’innocence de l’enfance doit venir de sa propre enfance. Même en étant adulte j’aime jouer avec eux, faire la folle, monter sur les jeux avec eux (mais je ne le fais que quand il n’y a pas d’autres mamans dans le parc… comme quoi je dois un peu me sentir jugée)

  • Je partage totalement ta vision de l’enfance. Ici, Pimprenelle grimpe tout en haut de « l’araignée » du parc, elle saute dans la grande piscine sans brassard (quand je suis à côté), elle va seule au grand toboggan de la piscine (je l’attend à l’arrivée) elle grimpe aux arbres, se cradouille dans les flaques d’eau, aussi parfois sous le regard effrayé d’autres parents,mais je m’en fiche ^^ , PomPom à 2 ans, monte et descend les escaliers toute seule sans problème, pour d’autres choses elle est pkus réservée, chacune son rythme. Alors oui, elles ont souvent les genoux écorchés et des bleus mais elles apprennent aussi à évaluer leur environnement, leurs limites et finalement, je trouve, on gagne en sécurité puisqu’elles maîtrisent mieux ce qui les entourent. (Là où je ne transige pas, par contre, c’est la route et les voitures). Je suis beaucoup aidée la dessus par leur papa, parce que moi, je flipperais bien plus, s’il n’était pas là.

  • Comme je le disais justement à Maman Louve, je me retrouve complètement dans cette attitude. Comme pour toi, ce n’est pas forcément intellectualisé : ça me paraît juste tellement normal et nécessaire de laisser ma fille expérimenter, découvrir son environnement et y évoluer sans nous avoir constamment sur le dos !
    Alors oui, parfois elle tombe, mais elle se relève, et continue son petit bonhomme de chemin. C’est normal, c’est la vie, qu’elle en profite.
    Autant, je peux être moins sûre de moi dans d’autres choix d’éducation, autant, tout comme toi, je suis tellement sûre du bien-fondé de mon attitude vis-à-vis de ça, que je ne me sens absolument pas jugée. En tous cas, je me fiche royalement de ce que peuvent penser les autres à ce sujet-là !
    Bref, merci pour cet article dans lequel je me retrouve à 100% !

  • J’ai beaucoup aime la tendresse de ton paragraphe sur cette saveur particuliere des decouvertes et des experiences de l enfance… J’espere juste savoir etre une Maman qui laisse ces memes plaisirs a mes enfants. Joli article en tout cas 🙂

  • J’ai pas de gamins, mais j’ai eu une enfance. Je me souviens d’être montée dans les arbres, d’avoir eu les genoux griffés, les coudes en sang après une séance de roller, de m’être pris quelques gamelles en trottinette et d’avoir même goûté la terre, l’herbe et quelques autres trucs, mais je suis toujours vivante! 😉
    Je pense que la meilleure façon d’apprivoiser le danger c’est de l’expérimenter. Alors bien sûr, des imites il faut en avoir, mais les enfants tout propres, qui ne courent pas parce qu’ils pourraient tomber & co, je trouve ça d’une tristesse … Même si j’imagine que pour certaines mamans ça doit être un réflexe tout ce qu’il y a de plus spontané de surprotéger la prunelle de leurs yeux.
    Difficile pour moi d’en juger dans mon statut de nullipare (j’ai appris ce mot chez la gynéco, ça m’a amusée!) mais j’aimerais à être une maman qui regarde de loin et sait être là juste quand il faut. Comme l’a été la mienne. Comme l’a été mon papa également. 🙂

  • Oh génial! J’ai l’impression d’être parfois un extra terrestre car je suis très zen avec mes enfants, donc ils peuvent faire pleins de choses… mais des choses non dangereuses bien sur.
    Tout le monde autour de moi stress, mais mes enfants n’ont jamais rien eu… mais que ce soit ma famille, amis ou mes copines sur le trajet de l’école se demande comment je fais pour rester aussi calme.
    Je veux tout simplement leur accorder ma confiance et qu’ils s’amusent sans que je leur interdisent tout…

  • Très bon article et de nombreux commentaires vont dans ce sens.
    Nous aussi, on doit être de décomplexé du drame … FeuFolet a le droit d’essayé et parfois de tomber. On a mis une barrière dans l’escalier, qui n’est jamais fermée … les pièces « interdites » sont fermées, le reste de la maison et du jardin, il est libre d’y faire ses propres expériences. D’ailleurs, il est couvert de bleus et d’écorchures, mais jamais rien de grave ^^.

  • Je suis tellement d’accord avec toi ! Je suis souvent partagée entre le fait de vouloir assurer la sécurité de mes filles, influencée par ce que j’entends à droite et à gauche, et mon naturel qui me fait dire que c’est too much et que nos parents ne se posaient pas autant de questions quand nous étions petits !!
    Au final je ne suis pas foncièrement inquiète et bataille un peu contre leur papa qui a tendance à trop les assister ou protéger. Le pire étant ma belle-mère qui voulait carrément mettre un casque à mon ainée quand elle a commencé à marcher !!!!! (Elle a peur du moindre truc c’est horrible)
    Quant au fameux baton… il ne m’a jamais posé de problème jusqu’à ce que la nounou dise que c’était interdit chez elle car un cousin de son mari s’était crevé un oeil petit avec un baton… Du coup je coupe la poire en 2 et interdit de courir avec un baton dans les mains.

    • Ah oui ce n’est pas évident de concillier avec nos proches. Ma belle mère est très protectrice aussi, mais je trouve qu’elle a pas mal changé en voyant que mes enfants ne se blessaient pas plus que ceux des autres (et même moins que ses propres fils!)

  • Mais bien sûr grandir c’est aussi expérimenter, tomber, gouter, pleurer, rire, jouer, se salir, etc ……. mais il y aura aussi toujours des personnes prêtent à juger les autres.
    Aujourd’hui avec mon petit fils je suis une mamie cool décomplexée du drame comme je l’ai été avec mes enfants, il peut se salir, il court après les poules, il escalade …..j’adore le voir avec de la boue dur les joues et les habits mais d’un autre côté j’ai quand même une barrière au pied de mon escalier et autour de la piscine.

  • Je conçois un peu les choses comme toi. Je les informe du risque et je les laisse expérimenter. « La porte du four est chaude, il faut faire attention », « tu peux courir mais regarde devant toi pour ne pas tomber », etc.
    Et à part ma belle-mère, personne n’a encore osé me faire de réflexion.

  • Je n’en reviens pas de toutes ces remarques et ces attitudes ! Non mais de quoi se mêlent elles ?

    Chez nous, l’homme est assez du style « ne fais pas ça, tu vas te faire mal ! ». Je serais plutôt comme toi … Je pense qu’on apprend en expérimentant, en essayant, mais ce n’est pas en se faisant dicter son attitude.

  • J’aimerais te dire que je suis aussi décomplexée du drame que toi, mais après avoir fait recoudre 2 de mes enfants et accompagnée la 3e aux urgences, je suis forcément très attentive 🙂 Pour autant je sais que c’est arrivé à chaque fois dans un environnement hyper sécurisé et que c’est vraiment la faute à pas de chance, et donc j’essaie quand même de les laisser expérimenter en mesurant les risques potentiels…

  • Super article qui mérite la grande Une hellocoton !
    Bravo pour cette belle philosophie de vie !
    Moi je suis un peu bipolaire du drame, ahah. En fait, j’ai été élevée dans la sur protection, l’angoisse, etc, donc j’ai ça en moi mais je n’y adhère pas. Alors ça donne des moments où je suis « cool », au diable les pieds sales et les tâches sur les vêtements, et d’autres périodes où, quand je suis un peu plus stressée par d’autres choses, mon angoisse ressort, comme une sorte d’empreinte indélébile.

  • j’adore ton article. Je suis aussi une de ces mères qui ne dramatisent pas du tout. Un enfant à le droit de faire ses expériences, et puis, il s’auto immunise comme ça. A chaque fois que mes enfants font qqch de nouveau, il y en a tjs pour critiquer. Même si mon fils est un peu plus calme, (il a 8 ans), il bricole avec ou sans son père, manipule pleins d’outils et ne s’est jamais fait mal, on lui apprend la confiance en soi. Il fait du vélo sans casque, va dans le grand bassin de la piscine…. Idem pour la petite qui a 5 ans, et il faut dire que c’est un vrai casse cou. Mademoiselle n’a peur de rien ni de personne. Alors, qd on me fait les gros yeux ou que les mamans parfaites se rependent en réflexion, je leur rigole au nez. Personne n’est là pour juger, chacun fait selon son feeling. Alors, oui, il y a eu des points de suture, mais étonnement, les « bobos » se sont fait « dans des environnements sécurisés », comme quoi. Les parfaitements parfaits n’ont qu’à passer leur chemin.

    • A par contre chez nous le casque en vélo c’est obligatoire! Mon fils aussi bricole beaucoup avec son père. La cdernière fois il a revissé la poignée de la cabane seul avec la visseuse! … je ne savais pas si je devais le féliciter ou le disputer! Mais le soir son papa m’a dit qu’il savait s’en servir et avait le droit de le faire…

  • personnellement je t’admire d’être comme ça, parce que je suis tout l’inverse, trop mère poule. je dois prendre sur moi pour ne pas leur transmettre mes peurs et juste les laisser « vivre ». Et puis de toutes façons, les autres critiquent toujours, tu es soit trop ceci ou pas assez cela, tu serais comme moi, on te reprocherait de trop les couver. l’important c’est que les enfants soient heureux et les tiens respirent la joie de vivre.

    • Ah oui on est toujours trop ou pas assez pour quelqu’un! C’est bien difficile d’aller contre sa nature, dans un sens ou l’autre… alors je crois qu’il faut faire comme on peut

  • Je suis assistante maternelle (en plus d’être maman), et bien que mon métier soit hyper cadré, je réagis de la même manière que toi, et les parents sont prévenus que leur enfant peut rentrer avec une bosse, des taches, de la terre sous les ongles, etc (dans les limites du raisonnable bien sur).

    Sauf pour… les bâtons!
    Mais ce sont mes limites à moi, enfant j’avais un grand oncle que j’adorais qui avait un œil crevé et nous racontais toujours qu’il s’était fait ça en jouant avec un bâton. Mais je l’exprime toujours ainsi: « JE n’aime pas voir les enfants jouer avec un bâton, ça ME fait peur » car je sais que ce sont mes propres limites et que je n’ai pas à les plaquer sur les enfants, ni sur les adultes!

  • Nous connaissons bien nos enfants, nous leur faisons confiance. Et j’ai remarqué qu’ils apprennent mieux de leurs accidents que de nos  » non, fais pas ça, tu vas te faire mal! », du moment qu’ils ne se mettent pas en danger. A la maison, nous n’avons jamais eu de parc.
    En plus, avec un père un peu fou fou, qui se baigne dans la mer froide hors saison, ou dans une rivière, alors que ce n’était pas du tout prévu, voilà que les enfants veulent faire trempette comme leur père. Au début, j’acceptais pas, puis petit à petit, je suis arrivée à gérer les sorties d’eau, de vêtements tout trempés et d’enfants tout gelés, sans serviette et sans rechange. Il prennent plaisir, c’est l’essentiel!

  • Je suis exactement pareil et tellement contente de vous lire parce que j’ai souvent l’impression d’être une extra terrestre alors merci pour ce beau partage. Les gens que je ne connais pas , au parc dans la rue etc… ont tendance à me juger ou à dire à ma place à mes enfants ce qu’ils doivent faire. Mais ça ne me touche pas du tout. Tout comme vous je suis persuadée de faire ce qu’il faut pour qu’ils grandissent. Je pense qu’on ne peut pas apprendre la sécurité aux enfants si on ne les laisse pas se confronter un risques.

  • Tres bel article, j’en suis pas encore à ton niveau mais quand même, je laisse ma 2 ans faire les choses par elle-même (mais les flaques d’eau ?! Comment vous faites ?! Moi je crise quand je la vois revenir avec les chaussures crades et trempées…)
    Allez je vais faire des efforts supplémentaires pour arrêter de vouloir coller à l’image de mère parfaite telle qu’on me l’a inculqué !
    (Ps : tes articles font beaucoup de bien, j’en profite pour te dire que j’avais adoré ton article sur le fait que tes enfants n’etaient pas parfaits, parfois mal habillés, mal coiffés, et que c’était ça la vraie vie : OUIII !!! )

  • C’est assez paradoxale car je suis entièrement d’accord avec toi et en même temps je suis incapable de le faire ! 🙁 J’essaie de prendre de plus en plus sur moi mais je bloque.
    J’étais tout le temps derrière mon Loulou « ne cours pas tu vas tomber », « attention à toi »…. C’est horrible de dire ça à un enfant quand on y pense et quand on prend du recul. C’est comme lui dire « ne grandis pas tu vas mourir ».
    Je ne sais pas réellement pourquoi je suis comme ça. Ma mère était-elle comme ça avec moi ? Je ne sais plus..
    Ce que je sais et me rends compte aujourd’hui c’est que dès que je fais ou dis quelque chose à mon fils, elle me reprend (même devant lui) et ça, ça me met hors de moi ! C’est plus fort qu’elle. Elle a toujours quelque chose à redire.. J’ai peut-être hérité de ca…
    J’essaie de « me soigner », me dire que ce n’est pas grave ! Mais c’est vraiment difficile. Surtout quand on est entouré de gens comme ça. C’est comme quelqu’un qui voudrait arrêter de fumer mais qui se retrouve toujours avec des gens qui fument à côté de lui ^^
    C’est mon seul enfant et premier enfant, je n’ai pas d’enfants dans la famille et ne cotoyais pas spécialement d’enfants. Ca joue non ? (Oui j’essaie de me rassurer comme je peux ^^).
    Promis je vais essayer de faire des efforts encore plus 😉 Ce qui me rassure c’est que j’ai trouvé la super nounou qu’il lui faut ! Pas vraiment comme moi mais qui me suit dans ma vision de l’éducation et des principes.

  • 100 % d’accord!!! 🙂 Je me retrouve dans ce que tu dis. Je trouve que beaucoup de parents flippent pour rien et ne font que transmettre leur angoisse. Bon, je ne dis pas que çà m’arrive jamais d’être de ceux-là car des fois, çà m’arrive de stresser pour rien, mais je me reprends et je me dis qu’il faut lui laisser un espace de liberté pour expérimenter! Le truc qui ne me fait pas bondir en tout cas, c’est quand il tombe! Heureusement car il tombe souvent, c’est un fonceur, il court toujours et ne regarde pas toujours où il va. Du coup, il a des bleus, oui mais çà n’est jamais grave. Il se relève, frotte et repart 😉 Et si c’est plus grave, je suis là pour le consoler! 🙂 Bravo pour cet article très bien écrit…

    • Oui c’est sur qu’on leur transmet nos angoisses, parfois sans en avoir conscience. Et puis ça dépend des personnalités aussi. Mona est très prudente, beaucoup moins casse cou que son frère alors qu’on ne l’a jamais bridée.

  • Je suis et on est, avec mon mari un peu comme toi…alors ta façon de faire ne me « dérange » ou ne me « choque » pas du tout! Le plus désagréable dans tout ça ce sont les autres parents qui viennent te donner des leçons!

  • Je trouve ton article très juste. Nous sommes une génération de parents angoissés (et de gens angoissés y’ a des raisons !). Moi je suis maman inquiète qui laisse pas assez ses enfants libres. Par contre je suis admirative quand j’en croise une !! Et de manière générale on pourrait faire un article entier sur les remarques des autres (parents, amis, g-parents…). Donc laisse-les à leurs angoisses pesantes qu’ils transmettent à leurs enfants… Et continue d’être à la cool !

  • Très bel article, je n’y avais jamais vraiment réfléchit, probablement parce que Gabriel est encore tout petit… Dans ma nature, je pense qu’inconsciemment je serais moins « libre » que toi, probablement parce que je suis un peu trouillarde moi-même… Mais c’est clair que les enfants sont insouciants et il faut préserver ça à tout prix !

  • Bravo pour cet article ! Je ne le découvre que ce soir. Oui, les bottes en plastique , c’est fait pour sauter dans les flaques et c’est chouette car maintenant on en trouve de très jolies pour les mamans !

  • Très bel article. Je suis entièrement d’accord avec toi. Perdonnellement je n’ai pas le vertige, pas peur des petites bêtes etc par contre les angoisses de ma maman se reportent parfois sur mes enfants. Je vois le danger potentiel un peu partout. À côté de ça, je les laisse expérimenter, grimper des arbres, remonter le toboggan à contre sens, monter les escaliers en marbre ( à 17 mois ), se salir dehors et je ne dis jamais  » tu vas tomber » mais plutôt « fais attention, j’ai un peu peur que tu tombes » ( j’exprime ma propre angoisse parfois ) ; ) en fait je les laisse avoir la chance que j’ai eu, mon papa nous laissait expérimenter et je l’en suis bien reconnaissante !

    • Je pense que c’est très bien de verbaliser ses propres angoisses et de différencier ce qui est dangereux de ce qui nous fait peur, les enfants savent s’adapter à nos propres limites.

  • Et bien je pense que comme vous, nous sommes des « des parents décomplexés du drame » ! Je partage ton point de vu sur les libertés de l’enfance et le cadre rassurant des parents. Merci pour ton article !

  • Article très intéressant! Je ne suis pas encore maman mais j’espère être un jour une maman décomplexée du drame aussi.
    L’année dernière je me suis mise sans raison particulière à avoir pas mal d’angoisses notamment qu’il arrive un accident à mon amoureux… Alors j’espère que je ne serais pas une mère angoissée!
    Mais depuis quelques temps, mes angoisses au sujet de mon chéri se calment, j’arrive plus facilement à me raisonner.
    Peut être que j’arriverais à redevenir insouciante et aussi zen qu’avant!

    • J’ai véçu également des périodes négatives, après le deces de ma grand mère ou après les attentats, il faut travailler à avoir confiance en l’avenir pour profiter sereinement de la vie

  • Je suis entièrement d’accord avec toi. Je suis maman de 3 enfants et mamie de 5 petits-enfants (directs et par alliance). J’ai toujours dit : je leur ai donné la vie, mais la leur, pas la mienne. A eux de faire leurs expériences. Ton article me fait penser à une phrase rapportée par mon second. A 19 ans il est parti 5 semaines en Inde, seul ; l’année suivante ce fut Moscou-Vladivostok. Puis une année universitaire à Varsovie, une à Berlin et une à New-York. Une amie à lui en étude de psychologie lui a dit : mais que t’a fait ta mère pour que tu partes si loin d’elle…. A aucun moment elle n’a pensé que son entourage familial lui avait donné suffisamment de confiance en lui, pour vivre ses rêves… A mes yeux c’est elle qui est bizarre…. Avec les petits-enfants (surtout pour mes beaux-petits-enfants) c’est différent. Je me sentirai mal, si l’un d’eux se blessait. Peur que les parents pensent que je n’ai pas été assez vigilante. Il faut que je trouve le bon compromis entre la surprotection (dont parfois je trouve qu’ils font preuves) et mon laisser-faire leurs expériences.
    Douce fin de journée

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